Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 18:19
Réforme de l’alllocation parentale d’éducation pour cause d'égalité homme femme: Pitié pour les nouveaux pères.

Les nouveaux pères au temps de l’égalité homme/femme.

N’en déplaise à notre ministre des droits de la femme, qui du fait de sa constitution biologique aura toujours du mal à le comprendre, il n’est pas facile à un homme (qu’il soit en jupe ou en pantalon, d’embrasser sa condition de père lorsqu’au sein du couple le premier enfant paraît.

Certes, la réforme du congé parental votée en première lecture à l’Assemblée Nationale qui consiste à favoriser (presque sous la contrainte) l’accès des hommes au congé parental au sein des couples devrait favoriser leur apprentissage de parent d’enfant en bas âge.

On reste tout de même confondu devant l’ambition à géométrie variable de l’Etat vis-à-vis des ménages avec enfants. D’un trait vengeur, le principe de la suspension des allocations familiales au détriment des parents démissionnaires en cas d’école buissonnière de leur enfant a été récemment supprimé. Mais la puissance publique n’hésitera bientôt pas à s’introduire dans l’intimité de ces mêmes ménages lorsque l’homme ne souhaitera pas bénéficier d’une partie du congé parental en diminuant d’autant sa durée pour la femme.

On objectera que la priorité des priorités, c’est qu’en ces temps d’égalité de l’homme et de la femme, il convient de « contraindre les pères à s’occuper de leur enfant, même et surtout en très bas âge. Mais puisque nos gouvernants considèrent cette priorité éducative au moins aussi grande voire plus que celle de la nécessaire instruction publique obligatoire, il faudra s’y faire : les jeunes pères s’occuperont des langes et de l’alimentation de leurs bébés quoique ça leur en coûte en lieu et place de leur conjointe au travail!

Il faut bien le dire, la mesure proposée serait plus convaincante si la rémunération du congé parental qui selon les conditions est au maximum de 572,81 euros par mois (sans droit à l’allocation de base) pendant un an, était augmentée de façon substantielle, de façon à « intéresser les hommes » selon le principe qu’on n’attrape pas de mouche avec du vinaigre. Mais en ces temps de vache maigre, il était difficile d’imposer des charges nouvelles à la branche famille pour inciter financièrement davantage les mâles à interrompre leur activité professionnelle pour s’occuper de leur(s) enfant (s) en lieu et place de leur conjointe.

Pourtant, si Frédo la Sécu étais conseiller technique de la ministre, (drôle d’idée,) je tempèrerai son enthousiasme et sa fougue dans sa volonté de mobiliser les pères dans l’éducation de leurs nourrissons en lui racontant l’histoire authentique qui suit, certes il y a pas tout à fait quarante ans, qui démontre qu’il n’est pas si aisé pour un nouveau père de vivre son changement de statut et ceci en premier lieu sous le regard autorisé des femmes.

Les lecteurs certains propos qui pourraient laisser penser qu’en ces temps de militantisme féministe actif, il est demeuré le représentant d’une misogynie congénitale. (Comme chacun sait, le débat nature culture fait toujours rage en ces temps de débat malsain sur la théorie du genre.)

Il répondra pour sa défense que lorsque

  • ses enfants étaient en très bas âge, il était devenu un expert dans la manipulation de leurs couches avant l’avènement du change complet (on devrait décorer Mr Pampers en lui donnant la médaille de la famille) et de l’allocation parentale d’éducation ouverte aux hommes.
  • il quitta sa fonction de directeur d’organisme social, son conseil de direction était doté de cinq femmes sur onze hommes, alors qu’il n’y en avait qu’une à son arrivée !

Que certaines acquisitions sont affaires de femme

« J'étais donc à l'époque des années soixante quinze, un jeune nouveau père de famille qui sortait à peine de la maternité dans un état de fatigue avancé. Je ne comprenais d'ailleurs pas très bien comment la mère de notre fille Marie avait pu à ce point transférer sur le géniteur que j'étais, la fatigue de l'accouchement, (à une époque où la péridurale ne se pratiquait pas) mais c'était ainsi et je n’en pouvais mais.

Ma femme, donc, m'avait confié dés son retour de maternité, une redoutable mission: Aller chercher à la Samaritaine (La Samar pour les intimes) six biberons et un soutien-gorge d'allaitement.

J'avais dit à ma charmante épouse que je trouvais cette requête un peu contradictoire. Etant donné l'abondance de son lait qui n'arrêtait pas de couler de ses deux seins entre deux tétées, je ne voyais pas très bien à quoi allaient servir les biberons. Mais, on ne contrarie pas une mère qui vient d'accoucher.

Aussi, très docile et aussi désireux d’être un bon père qu’un bon mari, m'étais-je rendu au rayon adéquat de la Samaritaine sans savoir ce que cette mission pouvait avoir de redoutable. Parvenu en effet au rayon bébé maternité il me fallut en effet affronter successivement deux épreuves, celle du choix des articles et celle de Cerbère au féminin qui faisait office de chef de ligne.

Premier problème: quel biberon choisir? En apparence rien de plus simple. Détrompez-vous! Comme on trouvait tout à la Samaritaine, c'est bien connu, cet achat que je croyais aussi ordinaire que l'acquisition d'un kilo de tomates, devenait plus compliqué que l'achat d'une automobile.

Devant mes yeux, s’en présentaient des multitudes; des grands, des petits, les uns en verre, d'autres en plastique; ils étaient affublés de l'étiquette "inaltérable" ou de "résiste au désinfectant" (et les autres?). Certains avaient une forme classique, d’autres étaient pourvus d'une forme ergonomique.

Bref mon regard en était comme saoulé d'autant que la marque à choisir me jetait aussi dans une grande perplexité. « Trop de choix, tue le choix » me disais-je en moi-même. Il n’y a parfois rien de plus difficile à assumer que la liberté du commerce et de l’industrie quand on est un consommateur peu averti. Pour éviter toute imprudence de jeune père incompétent, j'allais me rabattre sur un biberon en verre des plus classiques avec graduation pour seule fantaisie, quand je fus retenu par le nom de l'objet tant désiré.

C'était un "Rémond." Avec angoisse, je mis la main à la poche pour prendre la liste que m'avait donnée ma chère et tendre, qu'évidemment je fus incapable de trouver. Or mon inconscient, ou mon ange gardien, me criait :" Ce n’est pas un Rémond qu'il lui faut, c'est un Robert."

J'imaginais déjà les conséquences terribles d'une erreur de dénomination. Le lait allait tourner, le bébé serait inévitablement contrarié dans son développement ; sa croissance serait retardée. Peut-être en deviendrait-il anorexique en refusant de se nourrir devant un tel récipient qui n’était pas de la bonne marque. En langage bébé, l’enfant risquait de crier en pleurant toutes les larmes de son corps: "un Robert sinon rien," pour paraphraser le slogan d’une marque de pastis célèbre me disais-je en moi-même. J’avais donc besoin d’un soutien ou d’un « coaching » efficace pour m’assister dans cette longue quête du biberon parfait.

Deuxième problème, le choix du soutien-gorge devait aussi se révéler cornélien pour l'innocent que j'étais, tant les couleurs et les tailles étaient nombreuses avec un détail non négligeable qui s'affichait fièrement sur les boites: "avec scratch", "avec agrafe."

Dans l'état d'indécision totale où j'étais pour effectuer ces modestes achats de jeune père de famille, j'aspirais à un conseil auprès d’une professionnelle, aussi me mis-je en quête d'une vendeuse. Mais à la Samar, la responsable du rayon bébé ne pouvait être n'importe qui:

Je vis en effet à quelques mètres de moi une accorte quarantenaire qui discutait avec une de ses collègues sur un ton comminatoire sur le mode "moi on ne me la fait pas". Rien ne la distinguait d'une cliente ordinaire si ce n'est le ton rogue de sa voix et la broche laquée où était apposée la fameuse devise: "On trouve tout à la Samaritaine."

D'emblée, j’avoue, je me suis senti en infériorité vis-à-vis de cette maître-vendeuse :, un nez de martienne autoritaire, un port rigide de celle qui jamais ne se laisse aller, un chignon brun parfaitement maîtrisé et un tailleur strict, démontraient qu'elle était la maîtresse naturelle des lieux, apte de par sa prestance à rassurer et à renseigner les jeunes mères sur leurs besoins en puériculture.

Mais l’homme par nature incompétent dans le domaine du premier âge que j’étais, était effrayé par sa stature, me faisant oublier le principe simple selon lequel le client est roi.

Si je n'avais pas été envoyé en mission, j'aurais pris immédiatement mes jambes à mon cou pour éviter de tomber dans les griffes de celle que mon imagination fertile transformait déjà en mante religieuse ou en veuve noire, mais il me fallait rapporter ces biberons coûte que coûte. Je ne pouvais pas laisser mon épouse continuer à se laisser inonder sans défense par des seins qui laissaient échapper des flots de lait très supérieurs aux besoins de notre premier nourrisson.

Le cœur battant, j’ai respiré un grand coup, je me suis gratté la gorge et me suis approché respectueusement de la grande prêtresse du temple qui continuait à vociférer des propos peu amènes à sa collègue. "Madame", lui dis-je timidement, "pourrais-je avoir un renseignement."

D'un ton comminatoire et très professionnel, elle m'envoya la formule classique "je suis à vous dans un instant mais je suis occupée" sur un ton qui valait bien la réplique d'un guichetier de la Poste ou de la RATP en train de faire sa caisse devant une queue de clients, que dis je d’usagers "toujours trop pressés." Mais comme je m'attendais à cette rebuffade, je battis prudemment en retraite devant sa réaction revêche pour me réfugier derrière le rayonnage en attendant que sa majesté accepte d'enregistrer mes requêtes de client ordinaire.

Pour me donner une contenance, je tentais de m’intéresser aux différents types de tétine sur lesquels ma femme ne m'avait malheureusement donné aucune indication. Et alors que je me perdais en conjecture sur les "sans trou, à trou, à fente (pour les goulus), à forme tétonnée" (pour les respectueux de la nature sans doute pour mieux tromper le bébé trop tôt sevré), je sentis l'ombre portée de ma douairière fondre sur moi comme la misère sur le pauvre monde.

"Et que veut-il le jeune homme ?" me lança-t-elle à l'estomac d'un ton aussi familier que le mandarin de la maternité s'adressant à ma femme qui quelques heures après l’accouchement,t lui avait lancé avec désinvolture: "Elle se remet de ses émotions la petite dame".

Je pris bien garde de lui répondre que le jeune homme qu'elle interpellait si familièrement venait d'acquérir le statut d'honorable de père de famille et méritait plus de respect qu'une prise de contact à la troisième personne. Toute honte bue, nourri du devoir impérieux de remplir ma mission auprès de mon épouse, j'ai alors attaqué le thème difficile du biberon:

" Vous n'avez pas des biberons Robert, je ne vois que des biberons Rémond." "Ah non, jeune homme, les biberons Robert, nous n'en faisons plus." me dit-elle d'un ton péremptoire qui n'appelait visiblement pas d'objection critique.

Dans ma petite tête, je me dis qu'au moins malgré la brutalité de sa réponse, elle venait de me faire une concession de taille: si elle ne pouvait me vendre un Robert, son ancienneté, que dis-je, son expérience, l'avait autorisée à me dire qu’il avait existé. C'était déjà un bon point. Et j'étais trop tétanisé pour avoir l'insolence de lui demander depuis quand la marque avait disparu.

Mais ma vendeuse qui me faisait maintenant le même effet que les ogresses des contes de Grimm de mon enfance, ou les Walkyries des opéras de Wagner, ne me laissa pas le temps de penser à l'histoire du biberon de l'antiquité à nos jours; en bonne commerçante, elle me dit: « Alors, je vous en sers combien des Rémonds et avec ou sans tétine? »

Débordé par l'impétuosité de mon interlocutrice, je me dis que la seule façon de lui résister, consistait à diminuer le nombre de biberons et à faire un compromis sur les tétines: je lui dis que deux suffiraient avec une tétine à trou et une autre à fente. Au moins si je m'étais trompé dans cet achat, une dépense somptuaire de nature à mettre en péril les finances du ménage ne me serait pas reprochée..

Un petit peu dépitée par le faible nombre de biberons demandé, elle me fit répéter en me perçant les yeux avec son regard, pour être sûre de la médiocrité de ma décision et je dus reprendre mon courage à deux mains pour lui réaffirmer mon choix.

Et pendant qu'apparemment vaincue par ma détermination au demeurant fort timide, elle emballait les biberons et les tétines, je me suis décidé à poser ma deuxième question sur les soutiens-gorge d'allaitement.

« Quelle taille » me dit-elle? J'eus un moment de stress positif qui me permit de me remémorer la taille du sous-vêtement que Martine m'avait commandé: "95 C" dis-je mécaniquement.

Un grand silence s'établit entre nous deux; elle me fixa comme si j'étais le modèle sur lequel le soutien-gorge aurait pu être essayé. Après un regard de haut en bas prolongé sur ma maigreur, comme si c’était moi qui devais porter un tel sous-vêtement, elle me lâcha un superbe " 95 C (silence appuyé), vous êtes sûr?" Il y avait à la fois dans son intonation, comme une marque de respect admiratif à l’idée sans doute de contempler une telle mamelle si productive de produit lacté et une marque d’interrogation du style : « cherchez l’erreur. »

Un instant, je me crus devant le tribunal de l’Inquisition avant torture ou devant un fonctionnaire de police en train d’opérer une garde à vue, (quoiqu’elle m’ait laissé mes lacets de soulier et ma ceinture de pantalon). Mais je n'eus pas l'impudence de lui dire que l'objet demandé ne m'était pas destiné.

J'aurais eu bien trop peur qu'elle ne considère mes propos non pas comme un trait d'humour, mais comme une insolence inadmissible pour une desservante de la Samaritaine. Et comme je la rassurai sur le volume impressionnant de la poitrine allaitante de la mère de notre enfant, elle continua, en me demandant si je préférais l'agrafe ou le scratch comme méthode de fixation des bonnets.

Ce détail technique de la plus haute importance me parut saugrenu, mais il fallait répondre pour sortir des griffes de cette mégère qui m'écrasait de sa supériorité féminine.

J’aurais pu lui demander ce qu’elle avait préféré (scratch ou agrafe) quand elle avait utilisé un tel ustensile lorsqu’elle était en âge d’allaiter du fait du volume plus que confortable de ses avantages mammaires, mais j’avais hâte d’en terminer n’ayant aucune envie d’en savoir plus sur sa vie privée.

Je conclus le dialogue en lui disant que le scratch m'irait très bien afin de passer à la caisse le plus vite possible et d'en finir avec cet autoritarisme féminin qui me rabaissait au stade de client de seconde zone, parce qu'aux yeux de cette vendeuse, je ne pouvais être qu'un géniteur incompétent sur les questions de puériculture et de maternité.

Elle ouvrit un tiroir ; y glissa la main pour tirer deux ou trois boites qui contenaient le précieux sous-vêtement tant convoité; elle semblait hésiter. Puis elle en saisit l’une des trois en me la tendant vers ma direction. « Celle-ci prendra mieux la glande » me dit-elle d’un ton péremptoire.

Touché au foie par l’utilisation d’un tel terme technique qui ramenait la condition de la mère de notre enfant à l’état de vache allaitante, et désireux d’obtenir la paix sur ce champ de bataille où mes forces étaient en très nette infériorité, je pris la boite en lui signifiant ainsi ma reddition.

Mais sûre de sa victoire, elle ne m'épargna rien: "combien de paquets de compresses" m'aboya-t-elle? Comme je lui demandais quelle consommation moyenne il fallait envisager, elle me répondit d'une formule des plus distinguées: "elle se mouille beaucoup votre dame?

Touché, presque coulé par cette évocation simple mais efficace de ma femme inondée par deux fontaines de lait, il fallait néanmoins que j’aboutisse ; nous tombâmes d'accord sur deux boites. Quand je passai à la caisse, je ressentis le soulagement d'être enfin sorti de l'arène hors d'atteinte des cornes du monstre.

Après paiement, elle me tendit les objets de puériculture conquis de haute lutte en prononçant un sonore : « à votre service jeune homme » ce qui démontrait qu’à ses yeux malgré ma condition de jeune père, je n’avais pas encore acquis un statut de « Monsieur. » « Ça y est, » me dis-je, « c’est gagné » quand je sortis sur le quai du métro avec mon trésor dans le sac où s’affichait fièrement la devise : « On trouve tout à Samar. »

Après avoir ainsi rempli ma mission, avec une abnégation sans fard, je fus rassuré une fois rentré chez moi par mon épouse et mère, sur l'opportunité de mes achats. Pour le soutien-gorge, point d'erreur de taille, ni de profondeur de bonnet. Ouf! Les scratch allaient très bien, les compresses aussi. Grâce à un tel sous-vêtement, elle pouvait enfin maîtriser ses inondations lactées sans changer de chemise trois fois par jour !

Quant aux biberons en verre, même affublés de la marque Rémond, ils étaient conformes à ses espérances d'autant plus, me dit-elle, en s'esclaffant que j'avais bien pris la bonne marque. Comme quoi la Samaritaine incarnée par cette maîtresse femme qui m'avait traumatisé m'avait tout de même bien servi! Quelle épreuve !

En fin de compte dans cette caverne d’Ali-Baba que constituait la Samaritaine, j’avais réussi à triompher d’une gardienne du temple zélée, pour obtenir ce qui convenait à ma femme. J’avais au moins droit à la médaille du père moderne pour avoir réussi à acheter ce qu’une digne représentante de la Samaritaine ne consentait à me vendre qu’avec une circonspection d’un autre âge.

Quelques jours après, en lisant par hasard "Libé" qui n’était pourtant pas ma lecture quotidienne, je suis tombé en arrêt sur une photo accompagnée d''un titre: "un biberon nommé Robert."

Elle représentait une fiasque en verre semblable à une bouteille d'Orangina plate munie d'un embout de caoutchouc brun. L'article qui suivait, décrivait l'aventure du premier biberon inventé au XIXème siècle. Au fil du temps, la marque avait été inévitablement récupérée par les spécialistes de l'argot parisien pour dénommer pour la postérité les seins des femmes du monde entier. D’où l’expression les Roberts qui fit florès dans les tranchées de la grande guerre et les chambrées des casernes de France et de Navarre.

La lecture de cet article savant et bien documenté m’a permis ainsi de vérifier au moins trois choses :

- Mon effrayante vendeuse de la Samaritaine chef du rayon puériculture, avait pour les hommes la même amabilité que les garagistes pouvaient avoir pour les femmes sous le prétexte de l’incompétence supposée.

- Représentant la Samaritaine comme une vénérable institution, plus que centenaire, elle n'avait pas menti en me disant qu'elle ne vendait plus de biberons Robert. La firme les fabriquant, avait eu simplement le mauvais goût de disparaître avant la guerre de 1914. Sa mémoire prodigieuse qui avait su enregistrer les articles du catalogue layette et maternité de la Samaritaine de l’origine à nos jours était admirable. C’était mieux qu’un logiciel de gestion de stock qui envoie dans les poubelles de l’histoire tous les articles qui cessent d’être référencés.

- J'admirais la puissance de l'inconscient collectif qui m'avait poussé à exiger un "Robert" plutôt qu'un "Rémond" au seul motif que mon père nourri de comique troupier pendant ses années de captivité, avait de temps à autre prononcé imprudemment le mot "robert" pour désigner l'avantage féminin, devant le frêle adolescent que j'étais.

Comme il était né en 1913 juste avant que le biberon Robert n’ait terminé sa carrière dans les foyers domestiques de notre beau pays, peut-être que ses papilles gustatives avaient elles aussi conservé le souvenir du goût du caoutchouc naturel de la tétine de ce premier biberon des temps modernes.

Je me dis enfin que grâce à la Samaritaine où décidément on trouvait tout, j’avais pu suivre gratuitement un cours de linguistique appliquée, ce dont je serais toujours reconnaissant à l’égard de cette enseigne symbole sur la planète entière de la Francité sinon de l’amabilité et de la modernité commerciale.

L’enseigne a malheureusement fermé, ce qui ne m’a point étonné du fait notamment du faible coefficient moyen d’amabilité de ses vendeurs et vendeuses. Trop de générations d’entre eux du profil décrit ci-dessus, ont servi dans le même style ce grand magasin, pour que l’enseigne franchisse durablement le cap du XXI ème siècle.

Dommage ! »

Moralité

: « Certes le temps du Triple K (KInder, Kirsche, Kûche les enfants, l’église, la cuisine) est révolu dans notre beau pays de France où le travail salarié féminin est le plus répandu en Europe et le partage des tâches domestiques est nécessaire à l’équilibre de bien des couples qui travaillent. Néanmoins, il n’est pas sûr qu’il faille aller trop vite en besogne en mettant la pression sur les jeunes pères. Il vaut peut-être mieux faciliter leur accès à l’emploi. C’est plus sûr pour le bon équilibre de la famille.

Frédo la sécu père de famille de cinq enfants et 9 fois grand-père (bientôt 10)

blog: fredericbuffin.fr

Réforme de l’alllocation parentale d’éducation pour cause d'égalité homme femme: Pitié pour les nouveaux pères.
Réforme de l’alllocation parentale d’éducation pour cause d'égalité homme femme: Pitié pour les nouveaux pères.
Réforme de l’alllocation parentale d’éducation pour cause d'égalité homme femme: Pitié pour les nouveaux pères.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Chronique d'un jeune retraité disposant encore d'un peu de matière grise pour écrire.
  • Chronique d'un jeune retraité disposant encore d'un peu de matière grise pour écrire.
  • : Commentaire décalé de l'actualité vue par un retraité bien décidé à cultiver son jardin sans oublier la vie du monde.
  • Contact

Recherche

Liens