Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 06:31
Rentrée sociale de septembre 2014: un patchwork d'annonces déjà vues, en forme d'inventaire hétéroclite à la Prévert.

Cette fois, sur le front du social, c'est bien la rentrée, avant la publication du PLFSS au début du mois d'octobre 2014. Septembre, c'est en effet le mois de la diffusion d’une quantité d’infos touchant de près la Sécu, si impressionnante que le simple lecteur, l’assuré social, le retraité ou l’allocataire peuvent en avoir le tournis.

Frédo la Sécu, qui cultive son jardin ou plutôt sa terrasse sur laquelle, il fait pousser des pommes, des poires et des fleurs (et non des scoubidous comme autrefois Sacha Distel,) a noté sur un air de déjà vu :

-La publication du rapport de la Cour des Comptes préparatoire à l'examen la loi de financement de la sécurité sociale qui n’a fait l’objet dans la presse que d’une information parcimonieuse.

Il y a beau temps que les journalistes ne lisent plus les 600 pages de ce rapport qui constitue pourtant une somme considérable sur le fonctionnement intime de la Sécu. S’ils lisent la synthèse de 76 pages, c’est déjà bien. Mais au temps des chaines d’information continue, c’est tellement plus rapide de se contenter du discours du premier président de la Cour. !

Mais pourquoi donc la grande dame de la rue Cambon se décarcasse-t-elle autant, si les médias montrent autant d'indifférence au sujet des recettes et des dépenses sociales qui dépassent 500 mds d'euros ?

-Fredo a noté comme une rengaine, l’évocation sans fin du déficit de la Sécu qui ne parvient pas à passer sous la barre des 10 milliards d'euros du seul régime général annoncé lors du traditionnel rendez-vous de la Commission des Comptes.

Ce n'est pas si grave dira-t-on., Le président de la Caisse d'amortissement de la dette sociale va continuer à parcourir le monde en quête de financiers internationaux afin de restructurer la dette sociale à des taux imbattables. 160 milliards de dettes, ça se respecte !

De son côté, la cellule de gestion de trésorerie de l'Acoss pour financer ses trous de trésorerie à court terme va continuer à faire merveille...jusqu'â ce que les marchés financiers se retournent. Et à ce moment là, gare !

- Le même n’est pas surpris par l’annonce pour réduire ce déficit en 2015, des mesures en forme de coup de canif des prestations de la branche famille de la Sécu, telles que la réduction de la durée du congé parental pour les mères (au nom de l’égalité homme-femme !), la réduction de moitié de la prime de naissance à partir du second enfant , ou la diminution du complément du mode de garde pour les familles les plus aisées.

Comme à chaque fois le cœur sur la main, le gouvernement affirme qu’il reste très attaché à la politique familiale. Invariablement, les mouvements familiaux hurlent sur ces nouvelles mesures qui font suite à la réduction des avantages liés au quotient familial, et des déductions fiscales des modes de garde, sans pouvoir faire défiler les berceaux ou les femmes enceintes dans la rue.

Bref, rien que du déjà vu selon la règle qui fait qu’il est beaucoup plus facile de réduire les prestations familiales que les dépenses de santé ou de retraite. Les bébés ne votent pas ! Et que les familles ne se plaignent pas, partout ailleurs en Europe, pour les aides aux familles, c’est pire !

- Comme d’habitude, Frédo la Sécu a vu à la télé les défilés des retraités scandalisés par la non revalorisation des retraites ( hors les pensions les plus basses,) et prêts à lutter pour ne pas être à la variable d'ajustement des budgets sociaux. Il a vu aussi le haut degré de mécontentement des professionnels de santé aussi honorables que les pharmaciens. Ces « pauvres gens » font moins de marge sur les médicaments générique dont la consommation marque pourtant le pas et craignent d'être rachetés par les grandes surfaces.

Les médecins libéraux ne sont pas en reste et rejettent le projet de tiers payant généralisé du gouvernement. Mais quelle galère que d’exercer les fonctions de ministre des affaires sociales et de la santé !

En somme, plus les dépenses de soins augmentent et plus la branche maladie est en déficit, plus il y a de mécontents. Comprenne qui pourra !

- Une fois encore Frédo s’irrite de la nouvelle évocation cette fois dans le journal "Que choisir" du scandale des mutuelles étudiantes incapables de fournir des cartes Vitale à leurs sociétaires dans des délais raisonnables, sans qu’il y ait jamais de suite sur ce dossier.. Pourquoi tant tarder à mettre en place les recommandations de la cour des comptes sur le transfert du régime de base étudiant aux CPAM?


Il est faut dire que c'est si plaisant de voir le parterre des universités se transformer chaque année en forum des marchands du temple où se disputent âprement les jeunes commerciaux des mutuelles concurrentes pour séduire des étudiants qui seront condamnés à un mauvais traitement de leurs dossiers maladie au point que certains renoncent à se faire soigner.

Les cheminots ont bien raison de vouloir que leurs enfants qui fréquentent l’Université continuent à dépendre de leur régime d’assurance maladie. C’est tout de même plus confortable d’être rembourse en huit jours que d’attendre sa carte Vital.


- Frédo est aussi navré de voir que certains membres éminents de l'opposition appelés à gouverner en cas d’alternance, continuent à proposer des projets simplistes et infaisables sur le retour de la retraite à 65 ans, la suppression des régimes spéciaux et la retraite par point. De quoi jeter dans la rue des millions de futurs retraités et paralyser les transports du pays pendant un long moment. C'était tellement amusant en 1995. Pourquoi ne pas recommencer?

- Il constate avec impuissance, une augmentation régulière du nombre de bénéficiaires du RSA qui atteint aujourd'hui 2,38 millions de personnes, ce qui confirme l'irrésistible montée de la pauvreté et de l'assistance qui va avec dans le beau pays de France. Autant de bénéficiaires de la CMU en plus , autant de non cotisants !

Mais où ceci s’arrêtera-t-il ?

- Il s'amuse du paradoxe de la continuation de la concentration des mutuelles qui devrait se réduire à une centaine dans les prochaines années, ce qui va de pair avec une augmentation des personnes non couvertes par une couverture complémentaire malgré le récent accord national interprofessionnel légalisé par le Parlement.

Taxée à plus de 13% la cotisation mutuelle commence à être chère quand elle n'est pas financée par un employeur. Le dialogue social prôné par nos gouvernants, ne peut rien contre l'accroissement de la pression fiscale sociale.

- Il s’habitue à la révélation de quelques fraudes à la sécu retentissantes. Un jour, c'est un taxi, un autre c'est une infirmière, un autre encore c'est un médecin et un pharmacien qui en croque, voire un allocataire ou un assuré. La routine quoi!

- Il regrette le silence organisé autour de la préparation au nom du principe de la participation des travailleurs et des patrons à la gestion de la Sécu, du renouvellement des administrateurs des caisses de sécu du régime général.

Plus personne n'imagine que ces représentants puissent être élus par les salariés et les employeurs comme en 1983 et tout le monde prône la démocratie sociale...sans élection.

Mais ça coute si cher de procéder à des élections pour désigner des administrateurs dont les responsabilités se réduisent année après année comme une peau de chagrin. Le paritarisme de façade qui préside à la gestion de la sécu a pourtant encore de beaux jours devant lui.

- Côté « people sécu », ça devient aussi une coutume. Les dirigeants de la Cnamts une fois leur mission terminée, partent exercer leurs immenses talents dans le privé. Rocky part chez un courtier chargé de la protection d’expatriés d’entreprise à l’exemple de G. Johanet parti en son temps aux AGF et Daniel Lenoir qui fit un séjour dans le monde de la mutualité fleuron de l'économie mixte.

Avec un peu de chance, « ce grand directeur » nous reviendra grâce au statut exorbitant de la disponibilité de longue durée qui permet à des hauts fonctionnaires de tenter l’aventure du privé avec le parachute du retour éventuel dans le secteur public. A noter tout de même que les agents de direction des caisses qui tentent l’aventure du privé, le font sans espoir de retour dans le giron de notre vache à lait nationale. La Sécu est bonne mère pour ses agents, mais il y a des limites.

Toutes ces news font au bout du compte mises bout à bout, un bel inventaire social à la Prévert.



Et pour conclure cette suite d'infos sociales, Frédo la Sécu se permettra de parodier le titre d'une chanson de Michel Delpech : « Et toujours, les mêmes Présidents » qui depuis 1974 ont été les acteurs des déficits sociaux sans parvenir à les réduire.

Mais ceci est une autre histoire!

Rentrée sociale de septembre 2014: un patchwork d'annonces déjà vues, en forme d'inventaire hétéroclite à la Prévert.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

IBB 03/10/2014 08:32

Et surtout, le raton laveur...A l'occasion, venez visiter Rue de Rome- Verdun (à moins que ce ne soit Beyrouth...) et nous pourrons deviser sur la récente découverte de certains Conseils Régionaux : la centrale d'achat ...ou la nécessaire réinvention de l'eau tiède par les collectivités territoriales !