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6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 15:24

Proposition d’un QCM sur les comptes de la Sécu.

Frédo la sécu a entendu dire récemment n’importe quoi sur la Sécu et son déficit au zinc d’un café proche de la gare de Saint Lazare. « Le trou pour la seule année 2015, était de 75 milliards d’euros, ses frais de gestion se montaient à plus de 10% et les fraudes dont elle était victime s’élevaient à plus de 20 milliards d’euros. » Le consommateur qui visiblement n’avait pas bu que de la limonade, qui clamait ses vérités haut et fort ne pouvait qu’être sourd à toute contradiction. Frédo préféra se taire.

Mais en réponse à ce torrent d’inexactitudes il lui est venu l’idée de proposer à ses lecteurs un Questionnaire à Choix Multiple sur les grands comptes de la sécu à partir des constats suivants.

- En juin 1982, Nicole Questiaux à l'époque ministre de la Solidarité Nationale fut débarquée de son poste à la suite de sa fameuse affirmation de refus du tournant de la rigueur du Gouvernement Mauroy: "je ne serai pas le ministre des comptes." Ses supérieurs affirmèrent ainsi à ses dépens que la Sécu, ce n'était pas seulement du social, mais aussi des comptes qu'il fallait si possible maîtriser. (Il n’est d’ailleurs pas sûr que ses successeurs jusqu’à nos jours, soient parvenus à faire mieux qu’elle en terme de maîtrise du principe d’équilibre des comptes.)

- Depuis trois décennies l'arsenal des pouvoirs publics en matière de production de chiffres dans le secteur social a énormément progressé. La cour des comptes, la commission des comptes de la sécu, le COR pour la retraite, la DREES pour le secteur social, les Caisses Nationales des régimes de sécurité sociale, produisent d'impressionnantes cohortes de chiffres de toute nature qui font maintenant autorité. Or l’opinion n’a guère conscience de ces progrès à commencer par le consommateur si disert sur les comptes de la Sécude petites fines qu’il a rencontré dans un troquet.

- Les lois de financement de la sécurité sociale donnent aux parlementaires des informations chiffrées de plus en plus précises dont leurs prédécesseurs ne bénéficiaient pas. Et aucun article, ni amendement parlementaire ne peut être aujourd'hui adopté sans "une homérique bataille préalable des chiffres." Ceci n'empêche en rien les déficits et la dette de la sécu de prospérer, mais au moins les parlementaires, prennent leurs décisions en connaissance de cause, même s'ils ont l'impression désagréable que le bateau Sécu est en route vers l'abîme, malgré leur votation. Or cette production de chiffres qui confine à l'overdose pour celui qui tente de les consulter, n’empêche pas nos concitoyens d’ignorer la réalité des chiffres sur la Sécu. Trois exemples pour corroborer cette affirmation:

- Sans doute à cause du caractère de rite annuel que représente l'annonce du projet de loi de financement de la sécurité sociale, celui- ci ne fait plus guère la Une de la presse. Le deuxième texte par ordre d'importance après la loi de finance, n'attire une attention durable que sur des aspects particuliers tels que la modulation des allocations familiales en fonction des revenus. Mais plus aucun journaliste ne tente aujourd’hui d’effrayer le lecteur à coup de milliards en évoquant la Sécu.

- La place consacrée à l'enseignement du droit de la Sécurité Sociale dans l'enseignement supérieur par rapport au droit du travail et des autres matières juridiques, demeure marginale et ne commence la plupart du temps qu'au niveau de la licence, sous forme d'enseignement optionnel. Ce droit nourri de chiffres et de comptes décourage bon nombre d'universitaires et d'étudiants. Dommage !

- Si les sites d'accès aux droits ( service.public.fr Ameli , Allo Caf, Ma retraite etc, ) permettent de donner une bonne information sur les prestations auxquels les assurés peuvent prétendre, les sondages d'opinion montrent que la population appréhende mal la vision globale de la Sécu. Quant aux chiffres et aux déficits, quelle importance, puisque les paiements sont toujours assurés et dans de bonnes condition de régularité dans la plupart des cas?

Frédo la sécu propose donc à ses lecteurs qui connaissent bien le secteur social de tester leurs connaissances sur les comptes "fantastiques de la Sécu. Ils verront que malgré leur haut niveau d’expertise, il n’est pas si facile de répondre à ce questionnaire à choix multiples, tant les chiffres pourtant en milliards d’euros ont cette étrange capacité à donner le tournis. Comme point de comparaison, on se souviendra que le coût de la révision du porte avions Charles de Gaulle a coûté 1,3 Milliards d’euros et qu’un Rafale au prix officiel s’acquiert pour 101 millions d’euros.

Faites le test "Sans connaissance des comptes que de mécomptes" en pièce jointe.

Résultat du test "sans connaissance des comptes, que de mécomptes!

1) Moins de cinq bonnes réponses: vous ne vous intéressez pas vraiment aux comptes de la sécu. Peut vous chaut que les déficits s'accumulent pourvu que vous soyez remboursé de vos dépenses de santé dans des délais raisonnables, que vos droits à la retraite soient garantis et que des prestations familiales vous permettent d'élever plus facilement votre progéniture Mais si les gouvernants s'avisent de restreindre vos droits, pour de pures et d’obscènes raisons comptables, vous n'hésitez pas à battre le pavé en criant qu'il faut sauver la Sécu, dont vous ignorez pourtant tout de son fonctionnement. Et vous faites vôtre le slogan "Touche pas à ma Sécu, "même si le remboursement de ses dettes péseront inévitablement sur le niveau de vie de vos enfants.


2) De cinq à 10 bonnes réponses: peut mieux faire. Certes, vous vous doutiez bien que prés de 400 milliards de cotisations, c'était un peu beaucoup, mais vous n'auriez pas imaginé que les montants cumulés de la CSG représentaient plus de 112 milliards d'euros. Les assurances sociales financées exclusivement pat les cotisations, c'est bien fini. Quant aux dépenses de retraites, jamais vous n'auriez pensé qu'elles étaient supérieures aux dépenses d'assurance maladie. Le vieillissement de la population française avec 15 millions de retraités est en marche.

Vous avez un peu forcé sur le déficit prévisionnel en cochant la case 23 milliards. Erreur, ce chiffre bien réel c'était sous le gouvernement précédent. Ce chiffre démontre au passage que l'opposition autrefois aux manettes, est mal placée pour donner des leçons d'orthodoxie budgétaires aux gouvernants d'aujourd'hui!
Dans la foulée, vous avez fait montre de pessimisme en confondant la dette gérée par la CADES avec l'ensemble des dettes publiques. La sécu est dépensière, mais tout de même, 1900 milliards d'euros à rembourser, ça fait un peu beaucoup. Près de 133 milliards, ce n'est déjà pas si mal.
Un dernier conseil, révisez vos classiques et au mois de juin prochain, téléchargez la version complète du rapport de la commission des comptes de la sécu. Contrairement à ce que vous pouvez penser, cette somme d'informations sociales chiffrées n'a rien d'un ouvrage pour insomniaques et contient des pages passionnantes.

3) De 10 à 15 bonnes réponses: c'est encourageant ; vous êtes sur la bonne voie.
Mais tout de même vous pouviez mieux faire: Car enfin, certains chiffres proposés confinaient à l'absurde. 549 milliards d'euros de recettes et 567 milliards de dépenses, ça fait tout de même un peu beaucoup. Quant à 91,5 milliards de recettes et de dépenses pour la branche famille, aucun mouvement familial n'oserait même en rêver. Nous ne sommes plus dans les années cinquante où la sécu consacrait plus de 30% de ses dépenses à la famille.

Et bien évidemment un compte à l'équilibre constitue un rêve qui ne fut réalisé qu'une fois sous le gouvernement Jospin.

Vous faites aussi partie des personnes qui pensent que les frais de gestion de la sécu, sont faramineux, alors que grâce à l'outil de gestion des Conventions d'Objectifs et de Gestion, ils n'ont cessé de diminuer depuis dix ans. 50, 6 milliards de frais de gestion ( au lieu de 12,35, ce qui fait déjà une belle somme) , ça ferait plus de 10% par rapport à l'ensemble des dépenses ( un vrai bon score de mutuelle soumise à la concurrence) alors qu'ils atteignent tout juste les 2,6%. Comme quoi le monopole de gestion n'a pas que des inconvénients quand le cahier des charges est imposé par la puissance publique. Bref pitié pour les agents de la sécu au sujet du quel vous pensez encore qu'ils sont des « fonctionnaires » et qu'ils se tournent les pouces plutôt que de servir les assurés.




4) De 15 à 20 bonnes réponses: alors, Frédo la Sécu vous doit le respect: vous avez déjoué tous les pièges de ce QCM et vous avez coché juste à la plupart des questions. Vous vous êtes même étonné de voir figurer le chiffre du RSA qui ne figure pas dans la loi de financement de la sécu, mais dans la loi de finances de l’Etat. Ne cherchez plus l'intrus, vous l'avez trouvé.
Mais peut- être préparez vous le concours d'entrée à l'école des cadres supérieurs de la sécu? Ou travaillez-vous à la Direction de la Sécurité Sociale, pépinière d’experts « es comptes sociaux »? En ces cas, vous avez moins de mérite que le citoyen éclairé cherchant à connaître l'état de la noble institution qui veille sur nous du berceau jusqu'à la tombe.
Mais bravo quand même..

Conclusion comptable : quels que soient vos résultats, continuez à veiller sur ce monument social en péril si dans les années à venir, rien n'est fait dans un proche avenir, pour maîtriser ses comptes et sa dette.

Maîtrisez vous les chiffres fantastiques de la sécu ?

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