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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 13:17
La désillusion grecque à grands renfort d'allusions même avec le maintien de la Grèce dans la zone euros

In extremis, les Grecs demeurent dans la zone euros. Mais à quel prix?

Ils ont beau avoir voté contre à 61%, les malheureux grecs vont devoir avaler l'amère potion que les partenaires européens ont concoctée pour Mr Tsipras, matinée d'une brassée de piment supplémentaire, afin qu'il ne s'avise plus de se lancer dans des plaisanteries aussi démocratiques qu'un référendum plébiscitaire. Pas de maintien dans la zone euro sans infusion d'un breuvage fort amère au pays de la féta, de l'ouzo et de l'huile d'olive.

Cette désillusion diffusée largement dans les médias écrits et oraux s'est accompagnée d'un long cortège d'allusions littéraires et proverbiales dont les journalistes abusent sans toujours les décrypter ni en mesurer la portée. On peut en citer ainsi quelques unes plus ou moins amusantes mais toujours instructives:

- Plutôt que de dire crûment que le premier ministre grec a cédé face au conseil européen avec un révolver sur la tempe, (hommage aux polars ou aux western américains), il est plus classe de dire qu'il est allé à Bruxelles comme le souverain germanique Henri IV s'inclina en 1077 à Canossa devant le pape Grégoire VII pour éviter l'excommunication pour avoir voulu lui-même nommé les évêques.

On notera néanmoins que récupérer près de 85 milliards d'euros pour sauver les banques grecques, obéit à un motif moins transcendantal que la répartition du pouvoir temporel et spirituel entre les monarques du Moyen-Age et la papauté.

- A plusieurs reprises, le flamboyant premier ministre grecs un brin démagogue, a été qualifié par de nombreux plumitifs, de coureur de marathon de la négociation bruxelloise. Il y a lieu de se demander si ce type d'expression ne constitue pas un mauvais signe pour Mr Stipras.

Tout le monde sait en effet que le soldat Philipidès, tout heureux d'annoncer la victoire des Athéniens contre les Perses au 5 ème avant Jésus-Chist, après avoir parcouru les 42 kilomètres qui sépare Marathon de l'Acropole, rendit l'âme sur le champ.

Nous saurons demain si cette allusion est prémonitoire, car nul ne sait si la carrière politique de Mr Stipras survivra au reniement qu'il aura du accepter pour éviter la faillite imminente des banques grecques et la ruine assurée du pays.

- Bien sûr, certains organes de presse n'ont pas oublié de faire le parallèle entre le peuple grec et Sysiphe, ce héros mythique condamné par Zeus à remonter une lourde pierre sur la montagne qui redescend inévitablement dans la vallée.

A l'analyse tout y est: par orgueil Sysiphe refuse d'entrer dans les enfers en menotant Thanatos le dieux de la mort. Le peuple grec depuis le XIX ème siècle, ne fait rien pour éviter l'endettement massif sans rembourser ses créances ni consentir à l'impôt.

Quand à la lourde pierre, celle des 300 milliards d'euros qu'il doit rembourser à ses partenaires européens, le même peuple s'aperçoit avec stupeur qu'il mettra des décennies à rembourser de si fantastiques créances, et qu'il devra souffrir encore plus qu'aujourd'hui pour y parvenir. A vous dégoûter de voter non à l'austérité.

- Avec les pères Fouettards finlandais germaniques et bruxellois, prêts à donner des coups de martinets aux récalcitrants de la bonne gestion que sont les Grecs, au contraire de Saint Nicolas qui dispense des cadeaux aux enfants sages, on peut être sûr qu'il faudra réaliser à 19, les douze travaux d'Hercule pour que la Grèce se sorte de la situation de misère vers laquelle elle se dirige avec l'assentiment des épiciers de Bruxelles.

Comme quoi allusion rime tant avec illusion qu'avec désillusion.

Frédéric Buffin le 14 juillet 2015.

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