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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 19:36
Le championnat de France de foot-ball commence ce soir: 38 journées pour éviter la grisaille du quotidien  et oublier un moment sa conscience de citoyen.

Cette fois ça y est. Les journalistes footeux sont de retour. Ils vont pouvoir beugler à la radio chaque fois que Ibra, Di Maria, Cavani marqueront un but. Ils sont impatients de discuter pendant des heures sur la forme des joueurs, sur la stratégie utilisée par les entraîneurs, sur leur génie du coaching, etc.

En prime, ces mêmes jour journaleux, nous donneront toutes les infos sur les championnats qui démarrent hors de notre hexagone chéri , dés fois que nous aurions des doutes sur le niveau des joueurs français qui exercent leur talent à l'étranger.

Et pour ceux qui veulent voir et pas seulement écouter les cris des commentateurs qu'ils poussent à chaque but jusqu'à l'extase orgasmique, ils ont le choix entre Canal+ et Beinsport. Et pour ceux qui n'ont pas les moyens de se payer un abonnement, il y aura toujours You tube ou Dailymotion après les matchs pour regarder les buts.

Au bureau, à la machine à café, ou au bistro, le championnat de France va pouvoir nourrir des conversations infinies sur le PSG, le club de milliardaires, sur l'OM et son entraîneur argentin qui parvient à réunir les Marseillais au stade vélodrome, sur l'O.L. le club des Gônes, avec son président si malin, parfois jusqu'à la fourberie. Ça évite d'aborder les sujets qui fâchent entre collègues ou en famille.

Et les journalistes avertis ne manqueront pas d'évoquer le conflit entre le président de la Ligue professionnelle de foot-ball, ce conseiller d'état perdu au pays du foot et le discret, mais têtu comme un breton, président de la fédération française, sur le fait de décider s'il faut que deux ou trois équipes de ligue 1 doivent descendre en fin de saison.

Et tous les plumitifs de l'Equipe après cette affaire et celle de Sepp Blatter le président de la FIFA, pourront écrire sans fin que le foot n'est plus qu'une affaire de fric, ce que nous savons tous depuis longtemps.

Au moins pendant ces soirées aux accents d'épopée, nous aurons oublié toutes nos misères, le chômage qui ne cesse de progresser, les migrants qui n'arrêtent pas d'arriver à Vintimille, Paris ou Sangatte, les Grecs incapables de rembourser leurs dettes, les éleveurs pris à la gorge par les intermédiaires et les banquiers, etc.

Pendant ce temps, nous nous tenons à l'écart des débats politiques stériles dans lesquels nos élites se complaisent sans pouvoir à gauche comme à droite, influer sur le cours des événements.

Dans ma jeunesse, j'ai joué sur les terrains de foot-ball pendant dix ans et la jouissance de marquer un but est inégalable au point que je ne souviens encore de ceux que j'ai marqués. Je comprends donc le plaisir qu'on peut ressentir à jouer au foot et à regarder un match en éructant comme un fou sur l'arbitre.

Mais tout de même, il y a un moment où il faut le dire. La passion du foot, c'est trop. Ce nouvel opium du peuple ne doit pas nous masquer que les spectateurs, audio et téléspectateurs sont des citoyens du monde qui ont le devoir de se préoccuper des malheurs du monde et de prendre les dispositions pour en limiter les effets.

Frédéric Buffin

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