Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 09:34
Quand le bâtiment ne va pas, rien ne va.

Quand le bâtiment ne va pas, rien ne va.

Chaque mois, le ministre du travail est au supplice pour commenter les chiffres du chômage, obligé qu'il est, d'utiliser moultes formules absconses et circonlocutions,pour transformer des résultats calamiteux en communiqué de victoire prochaine sur ce mal qui ronge notre société.

La ministre chargée du logement ne se donne pas cette peine pour commenter les résultats mensuels de la construction publiés par le commissariat général au développement durable.

On la comprend, car mois après mois, malgré un changement de méthode statistique qui atténue la baisse des résultats, ce document dont le dernier consacré aux résultats du mois de juin numéro 660, constitue un réquisitoire impitoyable contre la politique de relance du logement menée par les pouvoirs publics.

Sans reproduire la fiche qu'il est possible de télécharger sur Internet, les résultats sont piteux:

- Les mises en chantier qui s'établissent à 344000, ont baissé en un an de 5,8%.

- Les chantiers individuels commencés diminuent de 10%, les logements collectifs de 2,9%.

- La baisse du nombre de chantiers autorisés qui globalement diminue de 5,4% en année pleine, dépasse les moins 10% notamment en ile de France et en PACA, deux régions où la crise du logements et les prix des loyers qui vont ailleurs se font particulièrement sentir.

- sur la longue durée, le lecteur ne peut que constater la forte baisse de la courbe des logements autorisés ou mis en chantier: près de 500 000 logements commencés en 2006, contre à peine 350 000 à fin juin 2015.

- Le seul élément positif tient à la réduction de l'écart entre le nombre de chantiers autorisés et ceux qui sont effectivement mis en oeuvre. Ouf, on respire.

Je comprends dans ces conditions, pourquoi la ministre se préoccupe davantage de commenter les préparatifs de la conférence climat de fin d'année que d'analyser les raisons de ces résultats aussi préoccupants qui intéressent directement le cadre de vie de nos concitoyens. Médiatiquement parlant, c'est plus vendeur et s'exposer mensuellement aux critiques acerbes des commentateurs, c'est désagréable. La bravitude a ses limites.

De même, la relecture des engagements du Président de la République en matière de logements est cruelle:

"Je veux faire construire plus de logements.

22 Dans les zones où les prix sont excessifs, je proposerai d’encadrer par la loi les montants des loyers lors de la première location ou à la relocation. Je mettrai en place pour les jeunes un dispositif de caution solidaire. J’agirai pour que soient construits au cours du quinquennat 2,5 millions de logements intermédiaires, sociaux et étudiants, soit 300 000 de plus que lors du quinquennat précédent, dont 150000 loge- ments très sociaux, grâce au doublement du plafond du livret A. Je renforcerai la loi SRU, en multipliant par cinq les sanctions qui pèsent sur les communes refusant d’accueillir les ménages

aux revenus modestes et moyens. Je porterai à 25% les exigences en matière de construction de logements sociaux et je favoriserai la mixité sociale en imposant une règle des trois tiers bâtis : un tiers de logements sociaux locatifs à loyer modéré, un tiers de logements en acces- sion sociale, un tiers de logements libres.

23 Je mettrai gratuitement à disposition des col- lectivités locales les terrains de l’État qui sont disponibles pour leur permettre de construire de nouveaux logements dans un délai de cinq ans."

Lors d'une prochaine confrontation électorale, il ne sera pas très difficile pour le candidat de l'opposition, de dire au président candidat à sa réélection qu'au rythme actuel, l'objectif de 500 000 logements nouveau par an a été complètement manqué. Entre les contraintes du code de l'urbanisme, le renforcement des normes de construction, et la loi ALUR qui a tort ou à raison, fonctionne comme un épouvantail pour les bailleurs, les investisseurs se sont durablement détournés du marché immobilier.

Les prix des logements sont en baisse sauf dans quelques zones tendues, les taux d'intérêt sont au plus bas, les prestations logement existent toujours malgré Bercy. Mais rien n'y fait. Les ménages n'ont pas assez confiance en eux-mêmes et dans l'avenir pour se lancer dans une périlleuse aventure immobilière et provoquer le rebond souhaité.

Et c'est toujours la même ritournelle implacable: sans confiance, pas de croissance et du chômage, toujours plus de chômage. Mais ceci est une autre histoire.

Frédéric Buffin qui a enfin payé ses traites pour financer l'achat de son logement

Partager cet article

Repost 0
Frédéric Buffin
commenter cet article

commentaires