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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 05:38
Un peu d'humour sur la croissance et l'emploi, ça ne gâche rien.


La vie n'est pas rose pour le gouvernement et les experts en chiffres prennent un malin plaisir à lui gâcher la vie même pendant les vacances.
- Chaque mois les chiffres fous de Pôle emploi s'acharnent même en changeant leurs méthodes de comptabilisation des demandeurs d'emplois, à écrire que l'inversion de la courbe du chômage n'est pas encore pour demain.
- Chaque trimestre en toute indépendance, les austères statisticiens de l'INSEE soumettent les gouvernants au régime de la douche écossaise. Au premier trimestre, la croissance a atteint 0,6%, (pour le chaud). Au second celle-ci est demeurée atone (pour le froid). A croire que ceux-ci ont souhaité faire baisser la température en cette période de forte chaleur.

Mais fort heureusement, Michel Sapin notre brillant ministre de l'économie a choisi plutôt que d'accroître la morosité des Français de mettre les rieurs de son côté avec un humour pince sans rire inégalable. On peut même dire qu'à ce niveau, c'est de l'art. Le collègue de promotion de l'ENA du Président de la République injustement surnommé "Monsieur petite blague," pourrait même proposer de diffuser ses interventions sur la chaîne de radio "Rires et Chansons.

Qu'on en juge:pour commenter la croissance 0 du second trimestre, notre sémillant ministre n'a pas hésité à tenir à la veille du 15 août ce propos impayable: "nous sommes en ligne avec l'objectif." On se demande si celui-ci ne souhaiterait pas que ce piètre résultat ne soit pas plus faible pour que le chiffre officiel de 1% en fin d'année ne soit pas dépassé pour les deux prochains trimestres.
Mais il ne s'est pas contenté d'exprimer un tel volontarisme. Il a vanté ses capacités de prévisions personnelles en disant: "c'est un chiffre faible, je l'avais annoncé. Nous voici rassuré pour l'avenir!
Une troisième perle de la même veine a failli me faire tomber de ma chaise: "une croissance nulle conforte nos objectifs de croissance." !
Pour un peu, je me demande si ce chroniqueur patienté de la croissance n'est pas devenu un adepte des théories de la décroissance. Ça devrait intéresser les verts.
Mais notre ministre de la reprise qui c'est sûr, pointe à horizon, n'en est pas à son coup d'essai en matière de déclarations lenifiantes dans le style du docteur Coué. Lorsqu'il était ministre du travail et de l'emploi, c'était un maître jovial en matière de commentaires sur les chiffres mensuels du chômage autant qu'un artiste en matière de langue de bois:
Dés le mois d'octobre 2013, malgré des mauvais chiffres, il avait inventé le concept de ralentissement de la croissance du chômage:" il y a des tendances. Elles sont au ralentissement du chômage. Elles seront demain à la baisse du chômage." Dont acte!
A la veille des fêtes de Noël 2013, il avait estimé que "le gouvernement était en train de gagner la bataille contre le chômage et que le nombre de chômeurs irait en diminuant dans les mois qui viennent." L'année 2014 a malheureusement contredit cet optimiste acharné.
Quelques jours après, sans doute euphorisé par cette période festive, il avait indiqué avec un enthousiasme communicatif: "l'inversion de la courbe (du chômage) elle est là, c'est une vérité. Ou bien encore: le chômage est en train de baisser, trop modestement, il faut l'amplifier." Sur les jeunes, il a même cru pouvoir dire:"c'est une des plus grandes batailles que nous ayons gagnées, la bataille avancée du chômage." Dix huit mois plus tard, on croit rêver devant de tels propos.
Aujourd'hui notre brillant ministre est plus prudent: il évoque la baisse du chômage en 2016 et en 2017, sans en prédire l'ampleur. Car malgré les emplois aidés, le passif du bilan est lourd. +500000 chômeurs sans aucune activité, 1 million quelle que soit la catégorie en trois ans, du quinquennat; ça fait beaucoup.
Et ces chiffres sont moins amusants que les déclarations drolatiques de notre vaillant commentateur de là croissance et de l'emploi qui sait se contenter de peu quand il affirme doctement: "quand on ne va pas assez loin, c'est déjà qu'on va quelque part." Nous pouvons être rassurés par de tels propos qui démontrent que quelque soit le Parti aux manettes, en matière d'emplois, le pouvoir c'est l'impuissance.

NB. Comme notre Président de la République, Michel Sapin sort de l'ENA. C'est même un collègue de promotion. Si j'étais ministre de la Fonction publique, je leur proposerai à tous les deux de rebaptiser cette prestigieuse institution: ENAHP: (école nationale d'apprentissage de l'humour positiviste.) ils pourraient entraîner les futures élites de la nation à cet humour qui n'a rien envier à celui des meilleurs comiques de la place de Paris. La vie dans les administrations centrales de l'Etat où s'épanouissent les énarques serait plus drôle.

Envoyé depuis mon smartphone Samsung Galaxy.

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Frédéric Buffin - dans Politique
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