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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 17:38
L'emploi des valeurs  en forme de terrorisme intellectuel avant les élections.

L'emploi des valeurs en forme de terrorisme intellectuel avant les élections.

Ça y est. C'est parti. C'est la rentrée. Nos hommes politiques sont rentrés de reposantes vacances et ils sont en forme. En témoignent les récentes déclarations du premier secrétaire du parti socialiste et du premier ministre aux journées de La Rochelle pour revitaminer les militants socialistes désenchantés devant les résultats de la politique gouvernementale.

Ce n'est évidemment pas très valorisant de parler de la croissance qui se fait attendre comme les jolies femmes que leurs soupirants désenchantés ne parviennent pas à séduire sur la petite musique de "soeur Anne je ne vois rien venir, mais, elle est bien la."

Ce n'est aussi pas très excitant d'évoquer le chômage qui malgré les thérapies de nos gouvernants continue à sévir telle une peste sociale inexorable, même si "l'inversion de sa courbe est presque là."

Ce n'est pas non plus très excitant de s'exprimer sur le phénomène des migrants qui selon certains nous menacent tel un tsunami que seul l'Europe pourrait endiguer, dit-on, propos qui sont la marque de notre impuissance nationale à maîtriser le flux de nouveaux arrivants.

Alors pour galvaniser les troupes militantes, il ne reste plus a ces deux leaders qu'à s'aventurer sur le terrain des valeurs à la veille des prochaines échéances électorales.


C'est pourquoi, nos deux compères ont la bouche pleine de trois concepts qui leur tiennent particulièrement à coeur: l'égalité, progrès et la fraternité. Ils en usent et abusent parfois jusqu'à l'overdose pour au moins une raison. Ils fonctionnent d'abord comme des mots tabous qu'il n'est possible de critiquer que si celui qui ose s'y opposer ne craint pas d'être immédiatement placé ou plutôt jeté dans le camp du Mal:

- Depuis l'abolition des privilèges du 4 aout 1789, il n'est plus question de justifier haut et fort les inégalités fut-ce au nom de l'efficacité économique. En privé oui, en public non. La déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui figure dans le préambule de la Constitution n'affirme-t- elle pas que les hommes sont libres et égaux en droits? Et l'égalité réelle de l'homme et de la femme qui vient d'être consacrée par la loi du 6 août 2015, c'est pour les chiens?


- Pour le progrès, c'est toutim. Qui pourrait avoir le culot d'exprimer que la régression lui est préférable? Qui oserait à ce point mépriser la philosophie positiviste d'Auguste Comte et négliger les progrès des sciences, des techniques et des organisations sans craindre d'être qualifié d'archaïque?

Qui se risquerait à ne pas voir dans l'histoire avec un grand H, une direction continue même si elle est parfois heurtée vers le mieux-être de l'humanité sans redouter d'être traité de réactionnaire. Et quand on est réac, le fascisme n'est jamais loin.

- Quant à la fraternité, elle ne saurait être une option, elle est au menu de même que sa compagne la solidarité. Quel est l'affreux qui refuse d'être solidaire et fraternel devant l'afflux de migrants dont "nous devons prendre notre part au nom du droit d'asile?

Il faudrait être vraiment inhumain pour ne pas accueillir tous ces malheureux chassés de leur pays par la guerre et la misère. Raisonnement imparable et de peu de prix lorsqu'on habite les beaux quartiers où les migrants ne vont pas, que de considérer que les frontières n'ont plus lieu d'être.

Mais rassurons nous, dans le camp du mal, des valeurs telles que l'autorité, l'identité, l'initiative et la sécurité ne manqueront pas d'être utilisées pour contrer les attaques du camp du bien. Ouf! On est sauvé. On ne risque pas de s'ennuyer. Le bras de fer démocratique sera sûrement spectaculaire à défaut d'être vraiment utile à la cause du peuple.

On peut en être sûr. Dans les trois mois qui viennent, les polémiques sur les valeurs sur fond d'anathème, échéances électorales obligent, prendront le pas sur l'examen fondé sur l'examen intellectuel des actions à mener pour rétablir le plein emploi, la croissance et la maîtrise des flux migratoires. La passion moralisatrice, c'est pour les candidats à des fonctions électives, mieux que la raison pour attirer les citoyens dans leu camp. C'est le charme terrible de la politique.

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Frédéric Buffin - dans Politique
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