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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 15:48
En démocratie, la guerre ne profite pas toujours au Gouvernement qui la gagne.
En démocratie, la guerre ne profite pas toujours au Gouvernement qui la gagne.

A la suite des horribles attentats du 11 novembre, nos gouvernants ont déclaré qu’ils étaient désormais en guerre contre Daesch (pour ne pas dire l’Etat islamique au Levant ce qui aurait pour conséquence de stigmatiser les musulmans.)

Derrière la volonté d’assurer la sécurité de nos concitoyens en allant bombarder des objectifs de la mouvance terroriste en Syrie ou en Irak, le Président de la République autrefois aimablement qualifié de « capitaine de pédalo » par son actuel ministre des affaires étrangères, s’est définitivement transformé en chef de guerre.

Il a troqué son casque motard pour conter fleurette à sa douce contre un casque de soldat pour faire la guerre partout où les intérêts de la Nation française sont menacés. Quelle détermination, quel courage et quelle force de pouvoir ainsi se tenir debout dans la tourmente ! La France dispose désormais d’un chef de guerre et elle ne le savait pas.

Et comme en fait exprès, sa conduite belliqueuse faite d’un mélange d’état d’urgence en métropole, d’envoi du Porte avions Charles de Gaulle au large des côtes syriennes et de bombardements aériens « contre le camp du mal », semble appréciée des Français puisque la cote du locataire de l’Elysée semble être au plus haut dans les sondages d’opinion.

Bonne nouvelle pour ses partisans qui souhaitent sa réélection pour 2017, dira-t-on, même si personne en ces temps d’union nationale n’aura l’outrecuidance de penser que le Président de la République a décidé de faire la guerre pour de sombres raisons électorales.

A y regarder de plus près, les admirateurs de l’Histoire avec un grand H dont il faudrait retenir les sages leçons, devraient se souvenir de ce qui s’est passé en 1945 de l’autre côté du Channel :

En juillet 1945, on aurait pu penser que Winston Churchill auréolé de sa victoire contre l’Allemagne nazie, n’aurait du n’avoir aucun mal en tant que chef des conservateurs à battre son rival travailliste Clement Attlee lors des élections législatives. Or à la surprise générale, c’est ce dernier qui l’emporta contre « le vieux lion ». On a pu même parler de raclée, puisque le Labor party l’emporta par 393 députés contre 213 pour le parti conservateur à la chambre des Communes.

Les Anglais jugèrent à tort ou à raison que celui qui avait porté la guerre et sauvé le pays ainsi que l’empire en 1945, ne pouvait être celui qui devrait gérer les dividendes de la paix.

Même si l’homme au cigare et au légendaire verre de scotch à la main, reprit le pouvoir en 1951 jusqu’en 1955, celui-ci conserva jusqu’à la fin de sa vie l’amertume de celui qui fut débarqué par le peuple anglais, malgré avoir accompli la redoutable mission de sauver son pays en menant une guerre sans merci contre l’axe du mal.

Comme quoi, gagner la guerre qui s’annonce, ce qui n’est pas encore fait, n’est pas forcément synonyme de réélection. L’inconstance de l’électorat est telle qu’il désire souvent tourner la page. Un homme pour la guerre, un autre pour la paix. C’est parfois ainsi en démocratie.

Frederic Buffin le 2 decembre 2015.

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Frédéric Buffin
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commentaires

gouz 02/12/2015 21:35

Je kife ton article papa!