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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 23:18
Retour probable  de service gagnant, sur une cause perdue, le chômage de masse entre deux candidats potentiels qui ni l'un ni l'autre n'ont su enrayer sa progression.



Lors de la campagne électorale présidentielle de 2012, l'actuel locataire de l'Elysée avait été particulièrement incisif vis à vis de celui qui occupait le lieu suprême du pouvoir lorsqu'ils avaient débattu sur le thème du chômage. Lors de leur confrontation télévisée, le candidat futur President s'était exprimé avec maestria en ces termes:
"D'abord, sur les chiffres, je comprends que ça ne vous fasse pas plaisir et, d'ailleurs, ceux à qui ça fait le moins plaisir sont les chômeurs eux-mêmes. Une bonne partie nous regardent et se disent que leur situation s'est dégradée depuis que vous êtes aux responsabilités du pays. Il y a bien 4 millions de personnes qui sont inscrites à Pôle emploi. C'est incontestable. Il y en avait 3 millions au moment où vous avez été élu. Vous avez vous-même dit qu'il y aurait 5 % de la population active qui serait au chômage à la fin du quinquennat. Nous sommes à 10%, le double."
Il avait incontestablement marqué des points en évoquant ce malheur social.

Si d'aventure les deux candidats sont encore en lice, ce qui ne semble pas être le voeu actuel de l'opinion publique, mais qui risque de se produire du fait des pesanteurs institutionnelles et de la logique des partis, l'ex-président ne manquera pas 5 ans après, de lui retourner le compliment mot pour mot chiffres à l'appui.

Il n'aura pratiquement qu'à les changer quand le duel télévisuel aura lieu et que le thème de l'emploi sera abordé: l'ex-président candidat pourra ainsi agresser son successeur candidat: D'abord, sur les chiffres, je comprends que ça ne vous fasse pas plaisir et, d'ailleurs, ceux à qui ça fait le moins plaisir sont les chômeurs eux-mêmes. Une bonne partie nous regardent et se disent que leur situation s'est dégradée depuis que vous êtes aux responsabilités du pays. Il y a bien 5 , 743 millions de personnes (DOM comprises à fin novembre 2015 qui sont inscrites à Pôle emploi. C'est incontestable. Il y en avait 4 millions au moment où vous avez été élu. Vous avez vous-même dit qu'e vous inverseriez la courbe du chômage de la population active en 2013. Il,a continué d'augmenter jusqu'en 2015." Le chômage aura plus augmenté en trois ans que sous ma présidence qui a duré cinq ans."

( les chiffres de 2016 n'étant pas encore connus le rédacteur de ce papier n'a pas la prétention de jouer la pythie de Delphes en lisant l'avenir dans les statistiques de Pôle emploi et de l'INSEE, pas plus faciles à lire que le marc de café ou les viscères d'une poule.

Bien sûr, l'actuel président sonné par une telle charge, pour sa défense, arguera des 600 millards de dette supplémentaires légués en 2012 par son prédécesseur pour défendre sa cause. Celui-ci se défendra comme un beau diable en indiquant qu'il a eu à gérer la crise des "subprime" et qu'il lui a bien fallu laisser filer la dette pour sauver le système économique et financier en péril. Il n'hésitera pas à dire que l'actuel président trop imbu de la théorie des cycles économiques, a paralysé notre économie par un matraquage fiscal très supérieur à celui qu'avait organisé le gouvernement Fillon vers la fin de sa mandature. Il ajoutera sans doute avec gourmandise que le candidat président n'aura pas su faire profiter le pays, de la baisse conjuguée des taux d'intérêt de l'euro et du prix des matières premières.
Avec perfidie, il notera comme tous les électeurs tels des soeurs Anne n'ayant rien vu venir en 2014 en 2015, qu'il s'est lourdement trompé dans sa politique de développement d'emplois aidés sur fonds publics.
Le titulaire du poste objectera qu'il a mis en place une "boîte à outils" comprenant le pacte de responsabilité, le CICE, une série d'allégements de charge, des emplois d'avenir pour les jeunes etc et que ce n'est pas sa faute mais "aux patrons voyous" si le million d'emplois promis par le Président du MEDEF n'a pas été au rendez-vous.
En outre il arguera que son énergie aura été mobilisée par la crise internationale de l'Afrique subsaharienne et du Proche Orient, les attentats terroristes et la sécurité intérieure.
Et les conseillers des deux candidats multiplieront les arguments programmatiques pour indiquer que sur le front du chômage leur champion est le mieux à même de faire baisser le nombre de ceux qui franchissent le seuil des agence de Pôle emploi.

Moralité: à l'heure d'Internet et des mémoires de stockage infinies que cette technologie génère, nos deux grands hommes politiques devront remuer à propos de l'emploi plusieurs fois la langue dans leur bouche en tremblant: Il est si facile maintenant de ressortir des propos contraires à leurs actes de ceux qui nous dirigent qu'ils devraient cultiver au summum "l'art de manger son chapeau. " Tel qui s'opposait aux 35 heures ne les a pas abrogées quand il était aux manettes. Tel qui s'opposait dans l'oppposition, au principe de la déchéance de nationalité veut l'inscrire dans la Constitution quand il est au pouvoir. Attentats obligent.

Une suggestion pour les candidats qui ne respecteraient pas leurs engagements de campagne: plutôt que de les enduire du goudron et des plumes comme dans les B.D. de Lucky Luke, peine salissante et peu écologique, il faudrait prévoir l'inscription dans la Constitution de "la déchéance de crédibilité" par un collège de citoyens tirés au sort comme pour les Bouleutes (les conseillers) dans l'Athênes démocratique du Vème siècle avant J-C, avec comme sanction, l'interdiction de se représenter comme candidat à la magistrature suprême.
Après tout, les jurés des cours d'assise sont bien tirés au sort pour éventuellement condamner des coupables à la prison à vie. Pourquoi ne pas faire de même pour écarter le temps d'un quinquennat, des candidats qui s'incrustent qu'ils soient au pouvoir ou qu'ils l'aient été, alors que partout ailleurs en Europe le candidat battu quitte la vie politique.


Frédéric Buffin le 14 janvier 2016.


























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Frédéric Buffin - dans Politique
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