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21 février 2016 7 21 /02 /février /2016 18:58
Blindage
Blindage

Nos politiques sont vraiment blindés face à l'adversité.


Ils sont admirables nos gouvernants et leurs opposants qui ont gouverné avant eux. Leurs navires voguent sur des flots tempêtueux sans jamais sombrer selon le principe bien parisien "fluctuât nec mergitur." Chaque jour leur apporte une vague de mauvaises nouvelles qui devraient les submerger d'émotion, les faire frissonner de frousse, les travailler de trouille.

- Une fois c'est un sondage en baisse, alors que le précédent n'était déjà pas fameux; une autre, c'est une mise en examen effectuée par un juge qui n'a cure du respect de la fonction politique; une autre encore, c'est une mauvaise statistique ( du chômage, du logement ou du commerce extérieur,) qui achève de déprimer la population.
- A l'Assemblée nationale et au Sénat, des parlementaires potaches chahutent les ministres au moindre événement susceptible d'accroître le mécontentement social. "Le char de l'Etat navigue sur un volcan," "Haro sur l'incurie gouvernementale" "Halte à la casse des services publics et sociaux." Tout y passe en formes d'invectives à l'encontre du gouvernement incompétent et impuissant, "sui generis."
- Dans la rue des manifestants de tous bords, expriment leurs mécontentements sous l'œil bienveillants des caméras qui transmettront avec gourmandise sur le petit écran le moindre heurt avec les forces de l'ordre. Un jour, c'est Sivens, un autre c'est Notre Dame des Landes, un autre encore c'est Bastia. À chaque fois c'est le même refrein: atteinte inadmissible au droit de manifester et aux libertés; violence policière, arrestation arbitraire. Etc. Mais comment les ministres de l'Intérieur peuvent-ils dormir dans de telles conditions?
- Et quand nos politiques vivent un écart dans leur vie privée, la presse people en fait ses choux gras et l'opinion se délecte de constater que leur conduite conjugale n'est souvent pas des plus paisibles. Il faut le dire, vie familiale normale et vie politique sont incompatibles.

Le pire, c'est que les chocs qu'ils subissent ne viennent pas tant de leurs adversaires politiques que de leurs proches, ce qui confère à la formule voltairienne, "Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m'en charge," une désolante actualité:
- Nicolas Sarkozy est mis encore une fois en examen cette fois au sujet de ses comptes de la campagne 2012. Et voici que dans son entourage, certains bien intentionnés se mettent à dire que ça commence à faire beaucoup pour un candidat à la primaire de la droite pour les élections présidentielles. Ce n'est pas encore la curée, mais elle est proche. La suite au prochain incident judiciaire. Bref avec les primaires, Brutus n'est jamais loin. Qu'il était bon le temps où le parti désignait le candidat à la magistrature suprême!

- François Hollande lance la réforme du code du travail et dés la publication du projet de texte, nombre de parlementaires socialistes crient à la régression sociale et à la trahison, au point qu'avant même la discussion, la menace du 49.3 est brandie par la ministre du travail. Ça sent le lâchage organisé du "social-libéralisme" au nom des valeurs de gauche.
Dans le même temps, il lui faut affronter, la crise des migrants avec l'abcès de fixation de Calais, la crise des éleveurs de porcs ou de bovins, la crise des taxis et des VTC qui suscitent non seulement la critique, mais aussi la révolte, voire l'émeute. Comme quoi nos politiques sont encore les mieux placés pour évoquer avec talent, le beau sujet classique de l'agrégation de philosophie, "la critique et la crise."

Et par chance, depuis le début de de l'année, il n'y a pas eu d'attentats, ni d'explosion internationale majeure, même si les places boursières broient du noir devant la chute du prix des matières premières et des phénomènes déflationnistes qu'elle implique. Avec un peu de malchance, ça pourrait venir.

Il faut le constater, malgré les quolibets que chacun d'entre nous ne manquons pas d'adresser dans le secret de nos domiciles à ceux qui depuis trente ans de droite comme de gauche, président alternativement aux destinées de notre pays, nous ne pouvons qu'être admiratifs devant leur résistance aux tensions quotidiennes que la vie politique génère.
Serrer la main de gouvernants qui ont du sang sur les mains, pour leur vendre des armes, au nom de la "réal politique"; apprendre que tel ou tel ministre qu'on a nommé, est convaincu de fraude fiscale, ou de malversation financière; affronter la presse déchaînée avec ses journalistes qui n'ont jamais rien dirigé mais qui sont si habiles à dire et à écrire ce qu'il faudrait faire pour que la situation du pays s'améliore, ça demande de l'abnégation et de la résistance, beaucoup de résistance. C'est un vrai métier!

"J'ai le cuir tanné" dit un jour notre Président de la République qu'un de ses ministres avait appelé du nom désobligeant de Flamby lors de là campagnes des primaires socialistes 2011. Il en nomma aussi un autre pour les affaires étrangères, qui l'avait affublé du sobriquet de "Fraise Tagada."

Une fois au pouvoir, il fallait avoir beaucoup de détachement et de force d'âme pour prendre comme collaborateurs directs des personnes aussi méprisantes à votre égard à qui il aurait volontiers donné un bon coup de pied au c.. si la raison politique n'avait pas imposé de tels recrutements.

Avec le recul, nos gouvernants sont des drogués pour supporter de telles tensions. Pas au whisky ni au cigare comme Winston Churchill, pas aux maîtresses ni aux concubines, comme JF Kennedy ou Mao-Tse- Toung. Pas à la violence terroriste comme Hitler et Staline. Ils sont shootés à la politique tout simplement.
Car en démocratie, rien ne les stimule plus qu'une bonne "combinazione en forme de coup de billard à trois bandes. Rien ne les énergise plus qu'une bonne campagne électorale. Rien ne les galvanise plus que la victoire dans les urnes pour laquelle on a tellement dépensé d'énergie qu'on en manque singulièrement quand on doit exercer le pouvoir.

Après, il faut tenir, tenir jusqu'à la prochaine échéance, ce qui demande un sacré courage. Chapeau les artistes!

Frédéric Buffin.

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