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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 21:51
Suite du polar: de quelques crimes des temps perdus.

Chapitre 4) L'arme fatale.


Son arme fatale, sa botte secrète, pour le commissaire c'était sa soeur Sidonie. Sa grande sœur qui l'avait toujours couvé dans son enfance et qui avec le temps était devenue sa conseillère quand sur le plan professionnel, il se sentait dans l'impasse. À vrai dire, Sidonie, c'était un vrai personnage de roman policier. Une "madame sans gêne" dans la maison poulaga qui prenait en charge l'enquête sans titre officiel dés que son frère l'appelait au secours. Un bulldozer qui savait faire avancer une enquête sans trop s'embarrasser du code de procédure légale dont elle ignorait totalement le contenu. De l'intuition, du bon sens et un culot d'enfer lui servaient de méthode pour venir à bout des énigmes les plus ardues. Et le commissaire savait se servir d'une telle ressource si peu orthodoxe, mais efficace quand sa conscience policière prise en défaut lui donnait la migraine.

Elle avait tout d'une mère dodue, d'une matrone qui tenait plus de Berurier en jupon que d'Aphrodite mais qui avait oublié d'être sotte et à qui on ne faisait pas boire l'eau des nouilles. Et puis on ne pouvait pas lui résister parce qu'elle avait les yeux qui brillent et un sourire charmeur qui emportait tout sur son passage. Ces questionnements étaient souvent ravageurs et avaient dans un passé récent, permis de résoudre les affaires les plus tordues. Certains disaient même que la difficulté la stimulait. Sidonie, le gros Bill ne l'appelait jamais pour des affaires simples qu'il savait résoudre lui-même. Il avait sa fierté tout de même! Mais cette fois, il allait falloir employer les grands moyens pour élucider c'est trois crimes venus d'ailleurs et d'un autre temps.

Au commissariat, on savait que quand elle arrivait, il y avait une affaire sérieuse à traiter et que l'heure était grave. Sous cape, les inspecteurs ricanaient souvent." Le gros Bill de toute façon, il n'aurait jamais été commissaire sans sa Sidonie." Mais entre eux, ils se disaient: de toute façon, on a du bol, il ne nous maltraite pas trop même quand il y a un coup de chauffe, pourvu qu'on obéisse aux consignes de Sidonie." Eux-même se disaient qu'elle avait des doigts de fée malgré sa corpulence, pour trouver une aiguille dans une botte de foin quand son frère à bout de ressources classiques la sollicitait.

Bill était donc en train de monter l'escalier pour appeler sa soeur au secours quand le jeune inspecteur Tom, l'appela d'une voix angoissée:
"Commissaire, commissaire, on vient de trouver un quatrième cadavre au pied de la grille d'entrée de Notre dame de Lorette.
-C'est encore un vieux clochard qui aura trop bu et qui a succombé au froid de loup qu'il fait depuis hier," répondit-il
-C'est bien un clochard avec sa bouteille de gros rouge dans sa besace, mais l'étonnant c'est qu'on l'a retrouvé la tête fracassée avec une masse d'arme que l'assassin a laissée sur place. Il n'est pas beau à voir le malheureux avec son visage défoncé. Son crâne a explosé comme une grenade. Le gars qui a fait ça est un hercule. Défoncer un pauvre clodo de cette manière, ça passe l'entendement."

C'est incroyable lui répondit le commissaire, il y a un malade qui circule la nuit dans le quartier et qui se la joue chevalier au temps des croisades! Vraiment il faut que j'appelle Sidonie. Peut-être arrivera-t-elle à dénicher le sens de ces meurtres et à trouver son auteur. Car de mon point de vue, il ne peut y avoir qu'une seule personne pour faire des trucs pareils, à moins qu'il ne s'agisse d'une bande d'écorcheurs. Et dans ce cas, à ce rythme, il va y avoir du grabuge dans le quartier. Bonjour la psychose populaire. "

Pas de chance, le portable de Sidonie répondait aux abonnés absents. A plusieurs reprises le commissaire la rappela mais en vain jusque tard le soir. "Où peut-elle être passée, bon sang! Toujours en vadrouille," se dit- il. Elle n'est tout de même pas partie en cure d'amaigrissement à Brides les bains. Ce n'est pas la saison. Elle n'est jamais là quand il le faudrait.

Mais dés six heures du matin la sonnerie du portable du commissaire interrompit son sommeil de gros bébé et la voix tonitruante de Sidonie retentit à ses oreilles.
-"Dis moi Bill sais tu que tu as les honneurs du Parisien? Et pas avec n'importe quel titre !"
"-Lequel?" répondit le commissaire la voix encore ensommeillée?
-"Crimes en série: le 9eme arrondissement retombe en plein Moyen-Âge "
Tu dois avoir une belle taupe dans ta taule parce que le journaliste donne force détails sur tes quatre cadavres avec des détails plus gores les uns que les autres. Tu devrais surveiller tes troupes et dire à tes collègues de moins fréquenter les hommes de presse. Si ça continue, tu vas avoir les honneurs de BFM-TV. Bref, tu vas sûrement avoir besoin de mon aide pour trouver le poète qui a fait ça.
- Je n'osais pas te le demander. Mais ne va pas croire ces bobards de journaleux. Ils urinent de la copie comme s'ils avaient avalé des énurétiques pour vendre leur feuille de choux.
- Oui mais pour cette fois-ci, un carreau d'arbalète, une pointe de lance, une hâche et une masse d'arme, ça peut faire légitimement jaser. Le meurtrier a du visiter le château de Pierrefonds ou celui de Guedelon, pour se livrer à de pareils meurtres. Tu n'as pas une petite idée sur le hobereau dérangé qui se promène impunément dans ton quartier?

- Non, pas la moindre. Si tu pouvais m'éclairer sur ces crimes qui me dépassent, ça m'arrangerait.
Je veux bien t'aider, mais pour commencer, je vais t'imposer une visite au musée de Cluny, ça nous mettra dans l'ambiance.
- Ça ne commence pas bien. Tu ne veux pas m'épargner ce pensum. Les vieilles pierres, c''est pas vraiment mon truc. Je préfère l'ambiance chaude des boîtes de nuit.
- Je doute que ton meurtrier ne fréquente les établissements dont tu assures la surveillance, en costume de chevalier noir. Ce n'est pas encore mardi-gras et le carnaval, c'est à Venise, pas à Paris.
- Pourquoi pas? Dans ce quartier, j'en aurais vu de belles. Tu te souviens de l'affaire des femmes dépecées par un restaurateur chinois. Ça avait fait un tabac, jusqu'à ce que tu me trouves le coupable.
- Oui, à cette époque, ça avait du faire un paquet de nems pour les restos du coin. Mais maintenant que le meurtrier est au frais et à l'ombre pour un moment à la prison de Clairvaux, revenons à nos moutons ou plutôt à notre tueur.
- Parle plutôt d'un soudard sans foi ni loi. Je peux te dire trois choses à son sujet. Il n'agit que la nuit. C'est un sacré lanceur d'armes blanches. Et ses victimes sont addictes à la drogue, à l'alcool ou au tabac. Pour finir il n'agit pour mon malheur que dans le quartier. Une vraie déveine.
- Ne te plains pas. Comme ça, tu n'es pas au chômage et ça t'occupe. On a des traces ADN du labo à partir des armes qui ont été laissées par ce troubadour de choc?
- Même pas. Il a du mettre des gants. Avec le froid qu'il fait en ce moment, il vaut mieux éviter d'avoir les doigts gourds pour lancer ce genre de projectiles si l'on veut atteindre sa cible. On a les armes, c'est tout.
- C'est tout ce que tu as comme indice? C'est un peu maigre.
- C'est pour ça que je t'ai appelée Sidonie. Tu vas bien nous mettre sur la piste du dingue qui a fait ça.
- Tu es sûr qu'il n'y en a qu'un. Peut-être qu'ils sont plusieurs à se la jouer tueurs du Moyen-Âge?
- Je ne t'ai pas appelé pour affoler le quartier avec de pareilles suppositions.
- Calme toi frerot, j'envisage toutes les pistes sans me censurer, c'est tout.

- Tu pars déjà?

- Oui, j'ai une petite idée derrière la tête.
- Je suppose que ça fait partie de ton jardin secret et que tu ne veux pas me dire où tu vas traîner tes pattes.
- T'as tout compris frérot, mais pour ta gouverne, j'ai encore des jambes. Ce n'est pas parce que tu fais partie de la "rousse" que tu dois mal parler....et surtout à ta Soeur.
- Je ne suis pas encore membre de l'Académie française Sidonie, et je ne suis plus un gamin, mais fais vite, si on retrouve un cinquième cadavre, ça va être l'émeute dans le 9ème.
-Ciao Frérot."

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Frédéric Buffin - dans Polar
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