Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 mars 2016 3 02 /03 /mars /2016 21:57
Suite du polar: de quelques suites des temps perdus.

2) Coup direct au coeur.

Le pavé de la rue Blanche même par temps sec, brillait tellement qu'il éblouissait les yeux de Jacques grand amateur de spectacles parisiens. Il sortait d'un bar louche après avoir revu avec plaisir le dernier show du Moulin Rouge. Les danseuses plus ou moins dévêtues et les spectacles avec paillettes, c'était son truc.

Et comme il ne détestait pas fréquenter les cabarets de l'avenue de Clichy qui proposaient à leurs clients des boissons alcoolisées pendant le spectacle de strip-tease qui lui permettait de soulager sa misère sexuelle, il s'adonnait à son addiction la nuit, alors qu'il ne buvait avec ses collègues de bureau le jour que des boissons de midinettes.
C'était tout juste le jour au bar qu'il fréquentait pour jouer au PMU, il acceptait de boire une bière avec ses voisins turfistes. Même pour les courses de chevaux, il savait se limiter à un budget raisonnable, alors que dés la nuit tombée, il se ruinait en boissons à l'éthanol. Sage le jour, fou la nuit, c'était le principe qu'il s'était fixé et il n'y dérogeait pas.
Sans famille, ni femme, ce quarantenaire noyait son chagrin dans l'alcool faute de n'avoir pu nouer de relation stable avec personne. La boisson forte, le breuvage d'homme, c'était son truc et il ne faisait rien pour résister à son vice qui lui permettait de supporter son vide existentiel.

Grand usager de la nuit parisienne, il savait qu'il se demolissait le foie à grands coups de cocktails divers et de scotch, mais il lui fallait ça pour se confronter
à la solitude insoutenable qu'il ressentait dans son minable studio qui se trouvait au fond d'une petite impasse perpendiculaire à la rue Blanche.

Cette nuit là, Jacques a forcé sur la dive bouteille. Il vient de sortir d'un peep-show sans intérêt qui l'a laissée sur sa faim, mais pas sur sa soif, au point d'avoir du mal à ne pas tituber en rentrant chez lui. Un verre ça va, six verres bonjour les dégâts surtout si le liquide titre 45 degrés.

Tout à coup notre trop jeune alcoolique tellement imbibé qu'il a du mal à mettre la clé dans la serrure de la porte de son appartement, vient de sentir une présence derrière lui. Il se retourne Mais il a bien tort car sans avoir le temps de réagir, il reçoit en plein coeur la lame tranchante d'une arme de jet lancée par celui dont il a senti trop tard la présence.

Sans comprendre ce qui lui arrive Jacques sauvé d'une cirrhose certaine en préparation, s'effondre au sol et meurt, tué sur le coup sans avoir souffert du coup qui lui a été porté. Sa nuit et sa vie s'achèvent dans la surprise et l'incompréhension la plus totale. Le drame s'est joué en silence, sans un cri. Le cadavre de Jacques gît sur le pavé de l'impasse où après ses déambulations nocturnes, il constatait en pleurant son impasse existentielle entre deux verres d'alcool.

Le lendemain matin, un passant a repéré la victime d'autant plus remarquable que la pointe d'une lance est demeurée fichée dans le coeur, comme si l'auteur du crime qui ne faisait aucun doute avait souhaité que l'arme soit connue des services de police et de tous.

Le gros Bill prévenu par la patrouille de son commissariat, s'est encore une fois déplacé sur les lieux du crime, étonné par le type d'arme utilisé, commence à y perdre son latin. "La semaine dernière un carreau d'arbalète dans le cou, pourquoi pas, et cette fois-ci, une pointe de lance dans le coeur. Deux armes du Moyen-Age pour deux meurtres dans le même quartier, une fois un dealer tué, une autre un noctambule qui pue l'alcool a plein nez le coeur planté à mort, ça commence à faire beaucoup."

Et ce matin, c'est encore plus spectaculaire." Une lance en plein coeur; on n'est tout de même pas dans un siège de chateau-fort" dit il en regardant le cadavre du quarantenaire aux traits prématurément usés.

Encore un fêtard qui aura fait une mauvaise rencontre au fond de cette impasse glauque. "Regardez, lui dit un inspecteur, "il a encore un ticket de la boîte de nuit" d'où il est sorti avant de rentrer chez lui et de se faire tuer. Mais le plus étonnant c'est que comme le type au carreau d'arbalete, il n'a même pas eu le temps d'avoir peur avant de mourir. On dirait même qu'il sourit."

"Comme sourire, il y a plus gai," dit Gros Bill,. "Je rentre au commissariat. Cherchez dans les poubelles, vous pourriez peut-être trouver le bois de lance qui a tué ce malheureux. Avec un peu de chance, on trouvera quelques empreintes ADN.


Suite entre deux chroniques.

Partager cet article

Repost 0
Frédéric Buffin
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Chronique d'un jeune retraité disposant encore d'un peu de matière grise pour écrire.
  • Chronique d'un jeune retraité disposant encore d'un peu de matière grise pour écrire.
  • : Commentaire décalé de l'actualité vue par un retraité bien décidé à cultiver son jardin sans oublier la vie du monde.
  • Contact

Recherche

Liens