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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 19:39

Après  l'élection de Trump, la populace, un concept de gauche?

Pour évoquer la fureur révolutionnaire du bon peuple, Pierre Gaxotte en bon historien de droite qu'il fut pensant toute sa vie, évoquait volontiers " la populace" dans son ouvrage "la Révolution française," paru pour la première fois en 1928 et maintes fois réédité jusqu'à sa mort en 1982. Par nature la populace est "abêtie, abjecte, corrompue, déchaînée, fanatique, ignoble, immonde, puante." 

Ce concept méprisant désignait pour lui notamment, l'horreur des sans-culottes, prêts à égorger les aristos, les prêtres et leurs soutiens ainsi que tous les suspects de tiédeur devant l'idéal révolutionnaire. La populace, c'était les enragés d'Hebert prêts à tous les massacres pendant la grande Terreur. C'était les assoiffés buveurs de sang qui assistaient en liesse aux exécutions quotidienne en place de Grèves avec la guillotine comme étendard.

Parler du peuple en colère, lui était impossible. Dans son idée, la foule de 1793 livrée à elle-même  dans les rues de Paris, de Nantes et de Lyon, ne pouvait que se livrer à ses bas instincts sur fond de violences, de meurtres et de pillage.

Aujourd'hui, face à l'étonnante élection de Donald Trump, le vulgaire, le grossier, le xénophobe, à la présidence des E-U., aucun commentateur n'a encore osé utiliser cette expression triviale de "populace" pour désigner les électeurs qui ont osé élire un candidat sexiste, chauviniste à la limite du racisme. 
Mais nous n'en sommes pas loin avec l'expression du "vote populiste" qui semble désormais remplacer le "vote populaire" dans la bouche des tenants de la gauche caviar qui peuplent les médias.
Le vote populiste désigne aujourd'hui non pas des assassins, mais tous les ignares, incultes qui n'ont rien compris au bénéfice que les pays tirent de l'ouverture des frontières, de  la mondialisation et de l'immigration massive qui en résulte. Bref, le vote populiste va contre le sens de l'histoire. Il est donc illégitime parce que réactionnaire.

Le premier secrétaire du parti socialiste  a même osé parler de "national populisme"en  assimilant ainsi tacitement le corps de doctrine très flou du nouvel élu yankee, au national socialisme des années trente.

On voit bien que lorsque le corps électoral élit un candidat de gauche, l(mais Hilary Clinton l'était-elle vraiment) le vote est celui de "la volonté populaire."
Mais quand un candidat dit de droite est élu, le peuple s'est forcément trompé en votant mal parce que trop séduit par des idées forcément populistes, c'est à dire à droite et à l'extrême droite.

La gauche en fin de compte, médias, sondeurs  et élites intellectuelles,  en tête, a horreur du peuple qu'elle hésite encore à traiter de populace lorsqu'elle ne vote pas dans le bon sens. 

C'est pourtant ce qui risque de se produire chez nous en 2017 si nos élites continuent de ne pas entendre tous ceux qui sont privés d'emploi ,  ceux qui vivent dans l'insécurité et tous ceux qui se sentent délaissés. Ça fait du monde, beaucoup de monde fût-il "populiste."

Ce vote populiste qui (pour nos intellectuels et nos chroniqueurs) ne mérite pas la qualification de populaire risque de remporter la mise l'an prochain. Gageons qu'à ce triste moment, d'aucuns franchiront le pas et diront que "la populace a mal voté. "

La droitisation de ce concept de populace  sera complète. Seule différence, les costumes de leurs représentants seront sans doute plus jolis à voir que ceux des sans culottes. Vive la mode!

Frédéric Buffin.

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Frédéric Buffin
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