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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 12:22

Le désolant retour du gauchisme: le slogan lycéen : "ni patrie, ni patrons."

L'Education nationale ne devrait pas être trop fière de ses performances sur la formation civique des lycéens les plus "conscientisés" par l'enjeu du second tour  de la campagne présidentielle. Quelques milliers d'entre eux ont en effet  défilé dans la rue aux cris de "ni patrie, ni patrons" pour conseiller les électeurs ne pas choisir entre les deux vainqueurs du premier tour.

Derrière ce slogan qui sonne bien par son raccourci  saisissant, on voit bien la pensée cachée de ses auteurs.

1. Elle révèle  évidemment dans le corps social lycéen, la permanence d'une pensée anarchiste diffusée dans les années 1880 par la revue "Ni Dieu, ni Maître." Cette résurgence post soixante-huitarde de la pensée d' Auguste Blanqui, laisse rêveur dans un monde marqué par la complexité mais aussi l'efficacité des organisations pyramidales. Qu'on le veuille ou non, le système démocratique de la Vème République consiste pour les électeurs à désigner un chef qui pourra gouverner. Et mise à part la parenthèse des événements 68, l'élection d'un MAITRE à intervalles réguliers, est encore très prisée par le corps électoral malgré les promoteurs de la 6ème République qui n'ont convaincu que 20% des votants (ce qui est déjà beaucoup trop.) J'ai envie de dire à ces lycéens en mal de Révolution que se déplacer pour aller déposer un bulletin dans l'urne et promouvoir la démocratie représentative, c'est toujours mieux que de battre le pavé pour affirmer le pouvoir de la rue et ..des minorités agissantes.

2. Deuxième point, quand ces jeunes lycéens affirment qu'ils ne veulent pas de patrie, nous voyons bien où voyage leur inconscient . Dans leur idée, la patrie est forcément une idée d'extrême droite et doit être nécessairement accolée au slogan pétainiste "Travail Famille Patrie." Les patriotes d'aujourd'hui ne peuvent donc dans leur idée être considérés que comme des collabos à l'esprit étriqué et anti- social. Sans esprit d'exagération, la vision de ces lycéens est assez simpliste: aimer sa patrie, c'est forcément pour eux,  voyager à la lisière du fascisme avant de s'y plonger avec délectation. Bien évidemment, ils se fardent bien de faire  toute référence à la Marseillaise et à  ""la patrie en danger" exaltée par les Révolutionnaires et les vainqueurs de Valmy en septembre 1792. Pour ces jeunes, l'horizon indépassable, c'est le soulèvement des peuples contre la barbarie capitaliste. Et quoi de mieux pour évoquer cette lutte que de chanter "L'internationale" comme dans les meetings de Melenchon, Poutou et Artaud, les trois trublions trotskistes de la campagne? En quelque sorte, le drapeau noir de l'anarchie et le rouge du communisme sera toujours préférable au drapeau bleu, blanc, rouge, coupable d'être le symbole d'une idée nationaliste et belliciste.

3. Ces lycéens  en sus de ne pas respecter l'autorité enseignante dans les lycées qu'ils fréquentent, en séchant les cours pour manifester leur désaccord vis  à vis  des deux gagnants du premier tour de la présidentielle, contestent évidemment l'arbitraire patronal qui pour l'instant ne les a pas encore trop violentés. Que ces jeunes leur reprochent de ne pas assez embaucher, en laissant les jeunes générations à l'écart du monde du travail, ça peut se comprendre. Mais qu'ils dénient à "ces pauvres patrons," le droit à l'existence dans la France de 2017, ça passe l'entendement. À part devenir patron soi-même, il y a toujours un décideur public ou privé qui décide de l'embauche d'un collaborateur. C'est le principe de subordination qui veut-ça. Et à ma connaissance, le subordonné d'un patron public est parfois moins bien traité que le subordonné d'un patron privé. Quant à l'auto-gestion et aux conseils ouvriers, il y a longtemps que les entreprises et les administrations ont  abandonné ce type de management pour assurer leur bon fonctionnement.

Quelques milliers de lycéens qui défilent pour critiquer la candidate de "la patrie moisie, protectionniste et étriquée et celui des patrons européïstes, qui se gavent sur le dos des travailleurs", ce n'est pas bien grave, me direz vous! Le pays s'en remettra. 

Dont acte, mais ces trublions hurleurs, ne manqueront pas d'influencer par leur militantisme actif, leurs homologues en rejoignant les mouvements étudiants et les écoles de journalisme, pour continuer à diffuser ces vieilles lunes socialisantes, alors qu'il faudrait orienter les jeunes générations vers le monde tel qu'il est et non pas tel qu'il devrait être. 

La réforme oui, l'utopie marxisante non! Les soviets c'était il y a cent ans avec les résultats mortifères que l'on sait. 

Dernier point, le vieux c..que je suis qui demeure patriote dans une Europe à 28 pays et qui fut patron pendant vingt ans,   se permet de donner un conseil à tous les lycéens protestataires, un conseil avisé pour la suite de leurs études: "au lieu de descendre dans la rue pour me dire pour qui il ne faut pas voter, passe ton bac d'abord!"

 

Frédéric Buffin le 28 avril 2017.

 

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Frédéric Buffin
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