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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 19:43

Le goût immodéré des Français et des candidats à la présidence de la République pour la Révolution.

En 2012, la campagne présidentielle avait été marquée par le concept de changement avec la fameuse formule de François Hollande exprimée avec talent  lors du discours du Bourget: "le changement c'est maintenant."

On sait ce qu'il en advint. Lassée par la crise de l'emploi qui elle,  n'a pas changé depuis 2012, puisqu'elle concerne encore  près de 6 millions de chômeurs partiels ou totaux, début 2017, l'opinion publique par la voix des sondages a fait comprendre au locataire du "château " qu' il ne devait pas se représenter sous peine de subir une belle déculottée.

Exit donc le concept de "changement" déjà utilisé par Giscard en 1974, ( "vous serez surpris par l'ampleur du changement") avec le succès que l'on sait en 1981.

En 2017, "pour  changer", une majorité de candidats semble avoir troqué le changement plombé par 2200 milliards de dettes publiques,  par une Révolution porteuse d'espoirs de lendemains qui chantent, alors que l'Histoire fourmille d'exemples délétères qui transforme l'expérience révolutionnaire en catastrophe liberticide et humanitaire:

Tout y passe: pour celui qui écoute un tant soit peu les candidats.

-  Arthaud professeur d'économie au ministère de l'Education nationale, (une bonne mère pour nombre de trotskistes) nous ressert avec un vieux fond de léninisme,  le coup de la révolution communiste forcément favorable aux ouvriers. Au moins, elle ne tente pas de nous faire le coup de la révolution surréaliste de son homonyme entre les deux guerres.

- Pour Poutou le délégué syndical de chez Dunlop qui ne doit pas d'être sali les doigts depuis longtemps dans un atelier de travail, elle devient nécessairement permanente. Normal, seule une bonne pagaille bien organisée tous les jours par les militants du NPA est à même de fournir des richesses et de les redistribuer.

- Aux yeux de Mélenchon qui ne manque pas une occasion de célébrer la "Grande" de la fin du XVIIIème avec Robespierre le coupeur de tête comme icône, ( lui- même raccourci) elle devient citoyenne, comme si l'onction populaire pouvait seule lui conférer une présomption de sérieux à son programme keynésien jusqu'à l'excès. N'oublions pas enfin  que certains dictateurs ont acquis le pouvoir par les urnes. Méfions d'un homme si séduisant soit-Il qui méprise à ce point la dette possédée à 70% par l'étranger. avec qui il vaudrait mieux parler en partenaire qu'en adversaire. s'il souhaite réaliser son rêve de paix.

Macron lui, voit la Révolution "en marche" sans que l'on puisse très bien saisir en quoi l'accession au pouvoir de celui-ci constituerait un bouleversement de l'ordre établi. (La Révolution par la grâce d'un banquier et/ou haut fonctionnaire, quelle drôle d'idée? À ce niveau, c'est du très bon marketing politique.

- Enfin, pour madame Lepen, la fille de son père, la Révolution devient patriote à défaut d'être nationale (trop connotée collaboration à la Pétain) .

Et pour clore le bal, même Dupont Aignan se voit en révolutionnaire modéré, comme si la sortie de l'Europe et de l'Euro pouvait s'effectuer dans la modération en buvant du thé ou du café avec ses partenaires européens.

Cet abus "ad nauseam" du concept de Révolution en 2017, cent ans après la Révolution d'octobre, est très tendance, même chez les candidats en apparence les moins favorables à la formule "du passé faisons table rase."

- La preuve, même Fillon, le "candidat du conservatisme et de la réaction", se présente comme le candidat de la rupture en voulant renverser la table et casser la baraque. On aura décidément  tout vu et tout entendu.

Il est consternant de constater qu'aucun conseillers de tous ces brillants candidats à la magistrature suprême ne leur ait fait observer que  si les révolutions commencent avec les chants joyeux à la gloire d'un monde nouveau et d'une vie meilleure., elles prennent souvent  toute leur dimension dans le bruit et la fureur de la terreur  meurtrière . 

Elles s'achèvent  souvent en laissant derrière  elles, des torrents de larmes et de lamentations ainsi que des fleuves de sang en appauvrissant le plus grand nombre. Et bien entendu les défenseurs de cette idée funeste pourront dire la bouche en coeur qu'ils n'ont pas voulu ça, 

Alors par pitié, mesdames et messieurs les candidats , essayez vous à la réforme moins lyrique et grandiose, mais moins destructrice que la Révolution!

Les électeurs de 2017 ne sont pas des gogos supposés croire au grand soir par la magie du Verbe. Certes depuis la Genèse, celui-ci  s'est fait chair. Mais il y a des limites: croire en la Révolution, ça peut coûter très cher à celui qui la souhaite, à celui qui la fait et au pays qui la subit.

Et n'oubliez pas jeunes ou moins jeunes   qui la chérissez et qui la souhaitez,  la Révolution mange souvent ses enfants. Avis aux amateurs!

Frédéric Buffin le 10 avril 2017.

 


 

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