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26 avril 2017 3 26 /04 /avril /2017 17:31

Sujet capital: Où Mr Macron doit- il dîner après sa probable victoire electorale?


Point n'est besoin de consulter la pythie de Delphes, de tremper ses doigts dans les entrailles d'un poulet ou de lire dans le marc de café, pour estimer que notre "à peine quadra" sera élu à la magistrature suprême le trois mai prochain. Il pourra donc fêter dignement  l'obtention de son nouveau job en faisant la fête avec ses amis dans l'établissement de son choix. Or cette question en apparence subalterne, n'est pas anodine.

1. Quand on devient Président de la République, il faut savoir bien célébrer l'événement.

En effet l'exercice  du choix notamment de ses amis et de la table de restauration, peut avoir une  influence déterminante sur la suite du mandat du nouvel élu. On se souvient à quel point le quinquennat de Nicolas Sarkozy fut perturbé par la célébration de sa victoire au Fouquet's en compagnie  notamment de miséreux tels que Vincent Bolloré, Martin Bouygues, Serge Dassault, Francois Pinault et  Bernard Arnault. La presse put s'en donner à coeur joie en déversant du fiel sur le président bling- bling, ami des riches pendant les cinq ans de son mandat.

Pendant tout ce temps, la relation d'un simple repas fut répétée "ad nauseam" pour salir l'image médiatique du Président. Si ses conseillers, avaient eu du nez, ils l'auraient supplié de faire une retraite chez les bénédictins de Ganagobie. Certes, la soupe aurait été moins bonne et le repas accompagné  d'une lecture "recto tono" d'un texte édifiant, aurait été plus austère. Mais la presse aurait salué la présence du nouveau président de la République auprès de ces saints hommes ayant fait voeu de pauvreté. Les médias n'auraient pas manqué la référence à la France chretienne" mais ce choix "identitaire" lui aurait permis d'éviter d'être considéré pendant cinq ans comme le président des riches. Et les grenouilles de bénitier (qui votent) auraient adoré.

Cinq ans plus tard Francois Hollande lui succéda. Plus malin, il se contenta d'aller dîner au restaurant "Le Laurent" dont la carte est aussi prestigieuse et onéreuse que celle du Fouquet's mais moins connue. Quant à ses amis, il fut plus discret sur ceux qu'il décida d'inviter et la presse plus favorable au nouveau locataire "du château", n'en pipa mots.

L'incident récent de l'invitation des soutiens les plus actifs de Mr Macron au restaurant "La Rotonde", montre à quel point l'opinion publique est sensible aux signes extérieurs de richesse des candidats. Certes cet établissement ne vaut pas le Fouquets, mais il est tout de même plus sélect qu'une crêperie comme il y en a tant dans le quartier de Montparnasse à Paris. Un fest-noz, sur la place de la gare, avec galettes, crèpes, cidre et chou-chen, aurait été plus provincial, plus populaire et moins classieux.

2. Pour éviter de trébucher sur le sujet de la fête après la victoire, (c'est toujours mieux qu'après la défaite,) le candidat fraîchement élu devra  dès sa victoire  se poser trois questions s'il veut marquer le coup avec ses proches.

- Quand faire la fête? 

Certes, parmi les partisans du nouveau grand homme que les Français vont probablement choisir, ce sera l'euphorie. Dés  le soir de l'élection, c'est alléchant mais il y a tant de mains de supporters aussi inconnus qu'enthousiastes, que c'est techniquement difficile de se réunir en pleine nuit pour célébrer l'événement avec des proches. 
Et les sollicitations téléphoniques, les messages de félicitation de l'étranger, les demandes de décision immédiates de la part des administrations centrales, et les propositions  de discours et d'interviews devant les médias audiovisuels,  peuvent dissuader le fraîchement élu, de se goberger. 
       
D'autant que nous sommes en guerre et que la période d'état d'urgence n'est pas  à la gaudriole. Et si, dans la soirée, se produit un évènements  tragique peut- être vaut- mieux t-il y renoncer. Le champagne en plein drame, ça ne serait pas de saison. L'image d'un président qui travaille dès les premières minutes de son mandat doit s'imposer à l'ombrageuse opinion publique.

Mais comme la célébration d'une élection présidentielle au milieu de ses amis par celui  qui accède aux responsabilités suprêmes, est devenu un usage républicain, il faudra bien trouver un moment pour trouver le bon moment où l'indulgence de l'opinion populaire pour la fête "des amis" du locataire de l'Elysée est optimale.

- Avec qui faire la fête?

En terme d'image médiatique du nouveau président, la réponse à cette question est fondamentale. Après une élection, c'est fou ce qu'un nouvel élu peut avoir d' amis. C'est encore mieux que sur Facebook et les réseaux sociaux. Mais il est difficile, en période de disette financière, d'inviter tous ses supporters sur la place de la Concorde ou la Bastille  à manger des saucisses et des merguez avec un bon beaujolais à la clé. Il lui est  donc conseillé de limiter les invitations au cercle de ses relations les plus proches. Mais pour éviter tout reproche d'élitisme, on se gardera de n'inviter que des patrons et des magnats célèbres. 
A la table, il est indispensable d'inviter un petit agriculteur et pas un céréaliculteur de la Beauce, un ouvrier habitué à se salir les mains dans le camboui et pas obligatoirement un travailleur qualifié d'une start-up, un artisan qui ne soit pas nécessairement spécialisé dans le luxe; un enseignant de ZEP plutôt qu'un prof du lycée Louis Legrand,  un banlieusard du 9-3 plutôt que de Versailles, etc. 
Il y a lieu non plus de ne pas succomber au "jeunisme," en n'hésitant pas à faire venir  quelques seniors retraités propriétaires, même si par l'augmentation de la CSG et de la taxe professionnelle, ceux-ci seront les premières victimes fiscales de la nouvelle politique. 
On prendra garde d'oublier les enseignants en privilégiant les professeurs des écoles plutôt que les universitaires, puisqu'il est prévu de relancer l'enseignement primaire.
Ne pas oublier non plus qu'il serait de bon aloi d'inviter un simple curé et un imam aiinsi qu'un habitant du XVIème accompagné  d'un jeune de banlieue, au nom "du vivre ensemble." Enfin, point trop de haut-fonctionnaires, ni de capitaines d'industries. Le temps d'une fête , il faut savoir faire divers et peuple. 
Et surtout en temps de guerre, il faut prévoir militaires et policiers. Un simple bidasse plutôt qu'un général; un gardien de la paix plutôt qu'un commissaire. C'est toujours mieux.

- Où faire la fête?

La réponse à cette question, est évidemment très importante pour que soit assurée la réussite médiatique de cette fête. 
Au vu des exemples précédents,  il convient d'éviter une adresse par trop prestigieuse et donc trop coûteuse. A Paris, La Tour d'Argent, le grand Vefour,  Le pré Catelan ou Lassère, sont à proscrire. L'opinion contrariée par la persistance du chômage de masse, ne le supporterait pas. 

Il ne faut pas non plus privilégier les hauts lieux de la République où il est de coutume de bien festoyer. Le restaurant du Sénat est exclu, "La lanterne" à Versailles si appréciée par notre actuel président, doit être aussi mise de côté. On évitera aussi des lieux trop prestigieux tels que les salons du Louvre ou le jardin de l'Elysée. Tous ces lieux font très "monarchie présidentielle. La fonction enferme le Président  dans le palais. Il n'est pas nécessaire d'en rajouter et de s'éloigner de façon trop précoce du petit peuple.

Certes, il n'est pas obligatoire de réserver une table chez Roger la frite, ou chez "le roi du Kebab" à Montreuil pour faire "9-3." On peut aussi  éviter d'organiser une réception dans la salle de restauration du comité d'entreprise de l'usine d'incinération des ordures d'Ivry, ce qui mettrait un peu  trop l'accent sur la nécessaire lutte contre la pollution olfactive. 

Mais il doit y avoir moyen de trouver en Ile de France, une belle salle polyvalente ou un beau gymnase à décorer avec les atours de la République et de faire venir un traiteur qui embauche des publics difficiles en voie d'insertion, pour bien montrer qu'on peut faire la fête sous l'égide de la solidarité.

Et pourquoi pas organiser cette manifestation dans une petite ville de province peri-urbaine,  histoire de montrer que le nouveau président de la République, hérault de l'Europe et de la mondialisation, se préoccupe de la France qui  se sent déclassée?

A la réflexion, si j'étais élu, ce qu'a Dieu ne plaise, à la magistrature suprême,  je n'organiserai pas de repas festif, je me contenterai avec mon environnement familial d'un repas léger voire d'une simple soupe, avant de prendre en main les dossiers roboratifs et peu digestes que mes collaborateurs ne manqueront pas de me transmettre, afin de me faire perdre l'appétit.

 

Frederic Buffin: 26 avril 2017.

 

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