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9 mai 2017 2 09 /05 /mai /2017 07:11

Au risque de choquer: être président, c'est chercher la m...comme Hercule en son temps.

Lorsque j'ai eu à 25 ans mon premier enfant, un vieil ami à l'humour décapant, aujourd'hui décédé, paix à son âme, était venu voir ma femme  et sa fille née depuis peu.. Il m'avait glissé discrètement  à la maternité à l'oreille pour ne pas décourager la jeune mère: "ce sont les emmerdements qui commencent." 

Il avait pourtant participé à la bataille  de Cassino en Italie en forme de boucherie, où il avait été sévèrement blessé. Il considérait néanmoins qu'il avait vécu plus  durement dans sa chair,  le proverbe " petits enfants petits soucis, grands enfants grands tourments," 

Bref, les ennuis côté famille, mon ami connaissait et il me prévenait gentiment  que j'en connaitrai comme tout le monde. Depuis, avec 5 enfants et 11 petits enfants, j'ai pu mesurer la pertinence de cette amicale mise en garde, même si le fait d'avoir donné la vie, m'aura procuré un bonheur inexprimable.

Notre nouveau président, c'est sa liberté  n'a pas d'enfants. Ça lui fait quelques tourments en moins. Néanmoins, il va pouvoir mesurer jour après jour,  à quel point la formule chiraquienne: " les emm....ts, ça vole en escadrille," est pertinente.

- Sur son bureau, il va trouver quelques dossiers chauds que son prédécesseur lui aura complaisamment laissé, histoire qu'arrivé  à l'Elysée, "l'Emmanuel" ne s'ennuie pas: 

La présence militaire  française au Mali, sera-t-elle  provisoire ou définitive? La centrale nucléaire  de Fessenheim fermera ou ne  fermera pas? Le chantier  de   l'aéroport Notre Dame des Landes  s'ouvrira-t-Il ou non? L'ultra-gauche anticapitaliste à Paris et dans les grandes villes de Province et les voyous des banlieues qui cassent sans compter, seront-ils  réprimés ou pas réprimés? Les  prisons pleines à craquer au bord de l'implosion, pèteront- elles ou ne pèteront-elles pas.?
Rien que pour l'été, avec cet ensemble  chaud- bouillant de problèmes en tous genres, il y a de quoi s'amuser pour le nouveau locataire de l'Élysée. 

- Mais se présentent aussi d'autres questions plus structurelles  qui ne devraient pas manquer de perturber durablement la vie quotidienne  du nouveau locataire du château:

La dette publique à 2200 milliards d'euros; le déficit commercial à près de 50 milliards d'euros fin 2016; la dette de la sécu à 156 milliards d'euros; la dette de la SNCF à plus de 30 milliards d'euros; le chômage de masse (total et partiel ) à 6 millions de personnes) qui génère une dette de l'UNEDIC à hauteur de 30 milliards d'euros, etc...

Rien que le passif des quinquennats précédents , constitue déjà un menu roboratif difficile à digérer pour le nouveau venu.

Mais à lire le programme de ce jeune surdoué dans la force de l'âge, qu'il va falloir nous habituer à appeler "Monsieur le Président" plutôt que Manu, celui-ci semble vouloir effectuer pour arriver à ses fins, quelques travaux dignes de ceux d'Hercule:

- S'en prendre aux multiples mouvements terroristes qui gravitent dans la clandestinité sur le territoire et remettre le pays en sécurité,  c'est aussi difficile que de tuer l'Hydre de Lerne à 12 têtes. Il va lui falloir une belle énergie pour casser les multiples réseaux qui s'agitent dans le pays pour déstabiliser le pays.

- Enrayer  la montée dès populismes de droite comme de gauche qui s'épanouissent depuis dix ans, prêts à sortir les dents à la moindre annonce de réforme, comme Hercule affronta  le lion de Némée  pour finalement le tuer, voici une tâche aussi  exaltante que dangereuse.

- Vouloir moraliser la vie politique et favoriser la vie démocratique, ça demande la force  qu'il fallut à Hercule pour nettoyer les écuries d'Augias. Il ne manque pas dans le pays de nombreux élus accrochés à leur poste comme les moules aux rochers pour contrarier ses projets d'ouverture des institutions à la société civile.

-  Souhaiter maîtriser les partenaires sociaux pour engager la réforme social libérale du travail, pour favoriser le développement des entreprises, c'est aussi épuisant que faire fuire les oiseaux  du lac de Stymphale. Ils sont des milliers à considérer que le code du travail est une vache sacrée intouchable, prêts à battre le pavé pour que rien ne bouge.

- Faire passer les projets de loi par ordonnance, devant l'Assemblée Nationale et le Senat, ce sera aussi  aussi   violent que de dompter le chien Cerbère  à deux têtes, le gardien des enfers. Comment les députés et sénateurs pourraient supporter sans aboyer fortement alors qu'ils seront privés de leur pouvoir de discuter la loi. 

- Maîtriser la dépense publique face aux multiples acteurs sociaux qui souhaitient l'augmenter, ce sera aussi   épuisant que de capturer le sanglier d'Erymanthe. la biche de Cérynie, les juments de Diomède, les boeufs de Gérion et le taureau du roi de  Crète. Diminuer le nombre de fonctionnaires alors qu'il y a tant de besoins à satisfaire, quelle horreur!

- Projeter de relancer l'économie en diminuant le coût du travail, et favoriser la relance de l'investissement en Europe, c'est aussi harassant que de dérober les pommes d'or du jardin des Espérides. Mais aller chercher la croissance avec les dents qu'elle tâche exaltante!

En somme, le nouveau locataire du château devrait mesurer tous les jours que "le char de l'État  navigue sur un volcan" plein de la lave des soucis qui ne demandent qu'à s'en échapper pour submerger le moral du nouveau chef de l'Etat. 

Reste ainsi  à souhaiter qu'il ne revêtira symboliquement aucune tunique imbibée du sang du  centaure qui provoqua la mort du plus grand héros de la mythologie grecque malgré sa force et sa puissance. Quand on accède à la magistrature suprême, on commence comme un démiurge pleins de force et d'enthousiasme puis avec le temps et les pépins, on accède, souvent diminué, au tragique de l'Histoire. C'est ainsi.

Hercule, était colérique, brutal, excessif, intempérant, capable du meilleur et du pire. Notre jeune président fort heureusement, semble plus police, plus mesuré et plus prudent dans sa volonte de briser les schémas dépassés de notre pays. Souhaitons qu'il sache remettre le pays en mouvement sans trop casser de vaisselle comme le fit le grand héros de la  mythologie grecque.

Bon courage pour remettre  le pays en marche, monsieur le Président.

Frédéric Buffin le 9 mai 2017.
Blog:fredericbuffin.fr

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Frédéric Buffin - dans Politique
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