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27 mai 2017 6 27 /05 /mai /2017 17:52

 

C'était mieux avant. Pas si sûr.

Avec l'âge, certains se remémorent le passé comme celui d'un âge d'or où tout ou presque était mieux qu'aujourd'hui: celui mythique de la campagne où les villageois se contaient des histoires à la veillée; celui des bonnes soirées au cours desquelles on mangeait une nourriture saine et du bon vin; celui d'avant la civilisation de masse où chacun se disait bonjour avec convivialité; celui enfin où fier de son identité, il n'était pas difficile de parler à son voisin, qui avait appris sur les mêmes bancs de l'école que nos ancêtres les gaulois nous avaient transmis des valeurs de travail, d'échange et de partage qui constituaient les ingrédients indispensables pour" faire société."

Au zinc du café du commerce, je pourrais exprimer une splendide anaphore au nostalgique du passé qui un verre à la main me dirait d'une voix éméchée par les vapeurs  d'alcool. "de mon temps, c'était mieux."

- C'était mieux avant, le temps de la machine à vapeur que j'ai connu dans mon enfance? Elle dégueulait bruyamment ses fumées qui parfois viraient au noir salissant avec bonheur les gares de France et de Navarre. Et "gare" à l'imprudent qui se risquait à ouvrir la fenêtre du wagon dans lequel il s'était installé. Il avait toute chance de recevoir une escarbille dans l'œil, ce qui est très désagréable. Pour celui qui aimait le train, le Paris-Marseille en 10 heures dans les meilleurs cas,,  avec arrêt obligatoire à Dijon et à Lyon, ça valait vraiment le voyage!

- C'était évidemment mieux avant le métro parisien, vert pour la première classe et rouge pour la seconde, qui ne sortait évidemment jamais de la capitale. Point de machine automatique pour y entrer, il n'y avait  que des agents de la RATP munis de leur trouioteuse pour oblitérer votre ticket. Et c'était formidable. À chaque station, des portes électriques se refermaient à l'arrivée de la rame vous obligeant à faire un sprint échevelé pour tenter d'éviter  d'être condamné à prendre la suivante. Enfin, c'était l'époque où la Régie  n'avait pas trop de pudeur vis à vis de l'alcool puisque le long des voies étaient inscrites comme pour apprendre à lire aux enfants la mention "Dubo, Dubon, Dubonnet."

- Les écolos denonçent avec vigueur le chauffage électrique dont l'énergie est en partie pourvue par les centrales nucléaires. Ils ne sont guère moins virulents vus à vis du chauffage au fuel source de particules fines nuisibles pour les insuffisants respiratoires. Le poêle à charbon dont les fumées salissaient les murs des grandes villes et des petites, c'était évidemment un progrès par rapport à la cheminée à bois  de nos ancêtres. Mais que d'accidents à l'oxyde de carbone ont emporté des familles entières dans la tombe!

- C'était mieux avant le temps de l'argentique, de l'instamatic et de Kodak qui s'affichait partout sur le territoire avec son logo jaune orange inchangé depuis l'origine. Lorsqu'on  avait fait des photos, on allait chez le marchand qui vous les développait avec l'angoisse de constater que sur les 12  qu'on avait prises, parfois plus de la moitié d'entre elles étaient ratées. Quant au film super 8 de 3 minutes, évidemment muet, qui nécessitait un projecteur onéreux  pour qu'il puisse être diffusé, c'était évidemment mieux que les videos de nos smartphones!

- C'était évidemment beaucoup mieux les blouses grises obligatoires qu'il fallait mettre sur soi pour aller à l'école publique. Et la plume sergent-major qu'on trempait avec gourmandise dans l'encrier pour faire des pleins et des déliés sur le cahier d'écriture sans se tâcher les doigts, c'était évidemment la joie des poulbots que nous étions. Les feutres et les stylos d'aujourd'hui, ça tâche moins, mais c'est moins poétique. 
Et en plus, nous nous faisions croquer par Doisneau. Nous aurions bien eu tort de nous plaindre de la" laïque" qui de temps en temps nous offrait un verre de lait pour résorber les surplus agricoles. Le bonnet d'âne pour les cancres, était encore en vogue. C'était tellement bien pour le moral des mauvais élèves. Et l'examen pour entrer en 6ème en empruntant la voie royale du lycée, ça nous apprenait dés l'âge de 10 ans à passer des concours la trouille au ventre. Que c'était bien cette sélection si précoce!

- Et la machine à laver le linge  à gaz avec l'essoreuse à linge autonome, c'était formidable pour donner de la force aux ménagéres (en leur procurant de l'arthrose aux mains à force de tirer sur le linge brûlant,) ce n'était peut-être pas aussi bien que les machines automatiques, mais c'était tout de même mieux que d'aller au lavoir communal , quoique ce dernier fut plus convivial. 

- C'était mieux avant le monopole du téléphone des PTT. Il fallait attendre souvent plusieurs mois pour obtenir cet horrible poste en bakelite noir si on n'avait pas le bonheur de connaître un parlementaire pour intervenir en votre faveur auprès de l'administration de la poste.  Et gare à la facture si de Paris, on commettait l'imprudence de téléphoner plus de trois minutes en Province. 
C'était si bien les cabines téléphoniques dans les postes qui géneraient de longues files d'attente et c'était un plaisir d'utiliser celles installées dans la rue qui étaient détériorées une fois sur deux. Horreur, avec nos téléphones mobiles que nous imposons même à nos enfants, nous sommes pistés en permanence. Faute de phones, nous étions si libres dans notre douce France ... Mais injoignables en cas de pépin.

- Et la voiture sur la route, c'était tellement bien. Les Dauphines, les 4 chevaux, les Simca à traction arrière, qui se retournaient comme des crèpes dés qu'était dépassée la vitesse de 100 kilomètres heures, c'étaient des machines à briser des vies. Et il n'y avait pas la tyrannie de la ceinture de sécurité, ni le surcoût des autoroutes à péage, puisqu'il n'y en avait pas. Résultat, presque 15000 morts par an au lieu de 3500 aujourd'hui. Quelle mine pour les pompes funèbres! 

- Et le service militaire obligatoire, bon sang que c'était bien. Les chambrées à 16 lits pendant plusieurs mois, qu'elle ambiance! C'était formidable. On apprenait plein de chansons paillardes dans une belle atmosphère de mixité sociale. A vrai dire, dans certains bataillons, on y  apprenait aussi la consommation de bières et de cigarettes plus que celle du maniement des armes. En temps de paix, l'armée c'est formidable. Certains y son devenus des cracks au tarot et à la belote. Et quel plaisir de gueuler dans les trains de permisssionnaires: "La quille b.. Heureusement que la nouvelle équipe gouvernementale veut rétablir le service    national. Apprendre le maniement des armes aux futures générations futures, voilà une idée qu'elle est bonne!
- Et l'hopital et la Sécu d'antan, ça valait vraiment le coup. La queue des mères de familles pendant des heures rue Viala à Paris en 1973 pour se faire payer les allocs, quel spectacle!  Les files d'attente devant les guichets des  caisses primaires dans les années 70-80 pour se faire rembourser les soins de santé;  que de temps gagné par les patients! Les chambres communes des hôpitaux qui sentaient bon le mercryl, avant la loi de 1975 dans lesquelles pouvaient s'entasser jusqu'à 30 malades  au chevet desquels étaient déposés des grands pots  d'urine en verre translucide aux couleurs multicolores, ça faisait plaisir à voir. (Authentique.)L'hôpital d'aujourd'huî est paraît-il en crise, mais je préfère cent fois y avoir recours en cas d'urgence ou de nécessité .que dans les pourissoirs du passé.


Oh, nous le savons tous, rien n'est parfait.

- Le chômage de masse qui touche plus de 6 millions de personnes est une calamité sociale et morale qui ďétruit les fondements de notre société.

- Nous sommes toujours au dessus de la barre des 10000 décès en matière de suicide et nous ne parvenons pas à faire baisser ce chiffre par des politiques publiques adaptées.

- Nous ne mettons en place aucune politique incitative pour  l'accueil d'enfants face aux 220000 avortements qui sont effectués année après année et qui constitue un énorme gâchis humain. Horreur un homme ose s'exprimer sur ce sujet tabou.) Heureusement le temps des faiseuses d'anges est fini, mais que de douleurs secrètes subies par les femmes contraintes de ne pas donner la vie parce qu'une société ne fait pas d'effort suffisant pour l'accueil de l'enfant.

- Des quartiers entiers et des régions entières semblent laissés en marge du développement du pays.

- Des milliers d'expulsions sont mise en place chaque année après la fin de la période hivernale et nous sommes incapables dans les grandes villes de mettre fin à la crise du logement dans les grandes villes.

- Nous sommes effrayés par les flux migratoires en apparence incontrôlables sans qu'il soit possible de faire progresser nos politiques d'intégration face à des populations à l'univers culturel à cent lieux du nôtre.. 

- Nous sommes apeurés par la vague terroriste qui fait de notre pays une quasi zone de guerre. Etc...

Mais tout de même, globalement, ce n'était pas mieux avant. Croyez en mon expérience de retraité pas trop nostalgique du passé. Mes parents ont vécu la guerre 39-45. Ceux qui m'ont précédé la guerre d'Algérie. Membre de la génération 68, j'ai vécu les trente glorieuses et l'épanouissement de l'Etat-Providence. J'ai vu s'épanouir les technologies internet pleines de potentialités pour le développement économique, social et culturel.  Bref il n'y a pas lieu de se plaindre en regrettant amèrement le passé.

 

 

Frederic Buffin

blog fredericbuffin.fr 

 

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commentaires

ro_pcy 31/05/2017 05:58

Votre avant décrit est de 80 ans , pour moi l'avant c'est 1992, j'ai 40 ans, vous pouvez me dire que c'était pas mieux avant ? paupérisé comme tout le monde, transformé un post-robot dans mon boulot, oui c'est bien aujourd'hui pour les baby des années 50/60 ... qui aujourd'hui sont encore à 6K€ par mois pour posé leur année de naissance en guise de triomphe sur tout les verrous informatique que l'on rencontre dans le monde du travail, cette génération ne comprenant pas tout.... qui à préféré délaissé leurs propres parents et proches et préférant s'aligner sur des valerus économique, votre analyse, à mes yeux, correspond tout à fait a une personne né entre 1950et1965, cordialement

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