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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 05:24

L'étonnante célébration  par une ville,  du cinquantième anniversaire de la mort de Che Guevara.

J'ai pu voir récemment aux abords de la gare, une banderole à entête département et de la ville, nous  invitant  à participer à une réunion  debut mai. pour célébrer le cinquantième anniversaire de la mort de Che Guevara.  Est annoncée pour nous allécher,  la présence d'un grand témoin son  frère,  qui évoquera la vie de cette grande figure de l'idéal révolutionnaire. La même annonce a été diffusée dans le journal municipal.

M'est alors  venue dans la tête, l'interrogation suivante: La vocation d'une municipalité vise-t-elle à favoriser  la célébration de la mort d'un spécialiste de l'exécution sommaire de ses adversaires? L' homme qui semblait prendre plaisir à assister le cigare aux lèvres, aux exécutions de ses ennemis pris au combat, mérite-t-Il tant d'honneur? Qu'il ait été liquidé sans jugement après avoir passé par les armes tant de contre révolutionnaires, n'est guère étonnant. 

Le maître mot de la ville est le "vivre ensemble". Ce slogan pour une vie urbaine apaisée, est tout à fait louable. Et je trouve tout à fait honorable que les élus municipaux se soucient de faire fonctionner les nombreux équipements collectifs sportifs et culturels répartis sur le territoire de la commune et d'organiser des moments festifs afin que cette volonté de "faire vivre la ville , ne reste pas lettre morte.

Je ne comprends pas très bien dans ces conditions  par quelle aberration, celle-ci a décidé de célébrer la mort de Che Guevara en patronnant.  avec le conseil départemental,  l'événement qui se déroulera en présence d'un  frère qui n'a rien renié de ses principes d'action violente. 

Certes les groupes paramilitaires boliviens  soutenus par la CIA,  qui ont fini par avoir la peau de notre révolutionnaire argentin,  n'avaient rien à envier en matière de cruauté aux milices guevaristes chargées d'étendre la révolution castriste en Amérique latine dans les années 1960.

Mais tout de même, est-il nécessaire de continuer par une telle manifestation, à perpétuer la mythologie belliciste du Ché  qui était tout sauf un héros romantique ?

Dans les années qui ont suivi les événements de mai  68, ont pouvait comprendre que l'aventure de Fidel Castro et de son chef militaire le plus prestigieux ait fait  l'objet d'une célébration de la part de tous les partisans de la cause révolutionnaire anti-impérialiste. C'était la période de la guerre du Viêt-nam où les USA étaient considérés par la jeunesse occidentale comme le grand Satan.

Comme de plus, le mythe soviétique et celui du catastrophique bond en avant de la Chine populaire, commençaient à avoir  du plomb dans l'aile, Il fallait bien trouver en Amérique latine, "un nouvel horizon de convergence des luttes"  pour raviver les énergies militantes au sein de la jeunesse. Le Che était parfait avec sa belle gueule. La révolution dans la jungle ou sous les cocotiers, c'est tellement sympathique.

Néanmoins  faut-il vraiment ressortir cette histoire dramatique et controversée  des poubelles de l'Histoire en 2017? Rien n'est moins sûr.

Célébrer un tel symbole de rébellion violente par la présence de son frère demeuré marxiste convaincu, façon  guerre civile, dans une France actuelle  de plus en plus tendue qu'il vaudrait mieux apaiser, est-ce vraiment raisonnable?  

Plutôt que de raviver le souvenir d'un tel personnage aussi belliqueux, qui a beaucoup rapporté aux marchands de T- shirts  grâce au transfert sur ceux-ci  de son visage de combattant, il serait préférable que ma commune mobilise ses moyens pour célébrer un grand  témoin de la paix.

Mais peut-être est-il plus facile de réunir  quelques militants marxistes en mal de révolution sociale que de  mobiliser les foules en célébrant  la mémoire d'un prix Nobel de la paix tel que René Cassin qui fut un des promoteurs de la déclaration universelle des droits de l'homme en 1948.

C'est moins vendeur mais moins risqué pour la tranquillité publique qui constitue une des responsabilités d'un maire de commune. Nous le savons l'Histoire n'est pas un chemin seme de pétales de roses. Autant par de telles initiatives,  ne pas en rajouter en persuadant les participants à cette réunion  que seule la violence est l'accoucheuse de l'histoire.

Il y a cinquante ans, la jeunesse américaine défilait devant la Maison Blanche en chantant "peace  and love." C'était mieux.

Frédéric Buffin 1er Mai 2017.

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