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2 mai 2017 2 02 /05 /mai /2017 14:31

La France façon puzzle.

 

Pour rassembler le pays dispersé façon puzzle, après les élections législatives, une solution, le decennat à usage unique.

L'élection présidentielle comporte ceci de tragique, que lors du second tour de la campagne, les candidats sont contraints de dramatiser les clivages entre les deux camps: 
- En cas de victoire de l'un, c'est l'horreur anti-française qui se profile au profit des riches et des élites mondialisées qui se satisfont du chômage, de la pauvreté, et de l'immigration sauvage, quand ils ne les favorisent pas.
- Si l'autre triomphe, c'est le retour assuré de la peste brune et des années noires de Vichy avec son cortège de violences dictatoriales et de privations des libertés notamment pour les étrangers. 

Et jour après jour, les deux candidats en rajoutent, en ravivant les tensions dans le pays. Sur le  net, les deux camps s'affrontent en des termes de plus en plus injurieux. 
On mesure à cette occasion la pertinence de la formule sartrienne: "l'enfer c'est les autres."

Je sens à mes propos que certains lecteurs entraînés par la passion, vont me reprocher de ne pas diaboliser la candidate du repli égoïste et de ne pas favoriser davantage le candidat de la France ouverte et généreuse pour qui j'ai une préférence rationnelle à titre personnel, mais là n'est pas le sujet aujourd'hui.

En effet , le soir du scrutin, le vainqueur clamera la bouche en coeur, en prononçant des paroles onctueuses, qu'il s'efforcera d'être le President  de tous les Français,  en usant et en abusant de sa volonté de rassemblement, alors que les deux impétrants se seront affrontés sévèrement pendant quinze jours.

Le ou la nouvelle présidente de la République, ne manquera pas d'évoquer la devise "Liberté Égalité  Fraternité" en l'interprétant selon sa grille de lecture. Il lui sera demandé en cent jours de régler la question du chômage, de la fracture territoriale et sociale que ses prédécesseurs n'ont pas su régler depuis trente ans et de faire retrouver au pays sa place en Europe et dans le monde. Tous travaux d'Hercule à réaliser dans un laps de temps aussi court.

Condamné à courir le marathon à la vitesse d'un sprint, le nouveau locataire de l'Elysée, mesurera vite à quel point le pouvoir, c'est l'impuissance, renforcé par le quinquennat qui a raccourci les périodes où l'exercice des responsabilités peut se pratiquer à l'abri des échéances électorales.

Un des voisins de mes parents  dans mon enfance, était  capable de passer les heures de sa retraite, à chercher et trouver l'emplacement d'une seule pièce du puzzle de 2000 pièces qui encombrait la table de son salon. J'admirais cette opiniâtreté,  au service d'une aussi noble cause.

Or, la où il faudrait disposer de cette lente patience, le  nouvel élu, à peine remis des fatigues de la campagne electorale, sera contraint d'agir vite sous la pression des réseaux sociaux, des médias dont au premier chef les  chaînes d'information permanente et de la rue toujours pleine de manifestants mécontents. 

Bref, dans un pays fracturé, éclaté, aux appareils politiques traditionnels en morceaux, ce sera l'enfer de Matignon transféré à l'Elysée, tous les jours, alors qu'il faudrait avoir la patience du joueur de puzzle de mon enfance pour recoller les morceaux d'une France républicaine minée par les divisions, dont le principe est pourtant l'unité et indivisibilité. 

Certains trouvaient que le septennat était trop long pour le président de la République et ont inventé le quinquennat, avec la réussite que l'on sait.

.Selon le principe que "le  temps est un grand maître," on peut se demander s'il ne faudrait pas plutôt tenter  "le décennat, pour permettre au nouveau Président  de laisser du temps au temps.." 
À défaut de respiration démocratique, cette innovation institutionnelle, permettrait de consacrer clairement le principe de "la monarchie présidentielle, avec le temps suffisant pour le premier magistrat du pays d'exercer correctement son mandat et de présenter un bilan éprouvé à l'usage de Chronos. Face aux journalistes enragés, le chef de l'exécutif pourrait indiquer plus souvent que la démocratie est un système de décision pour faire avancer le pays. "Les chiens aboient, la caravane passe" pourrait-il dire en langage classique, ( ou parle à mon c.., ma tête est malade, en langage moins châtié.) 

Une telle durée, me dira-t-on, risquerait de nous plonger dans la dictature, à l'exemple de ce qui se passe aujourd'hui en Turquie. Certainement pas! Il existe dans notre pays de tels contre-pouvoirs, institutionnels, spirituels, associatifs, syndicaux et patronaux, que si le nouveau président prenait des libertés avec l'exercice des libertés fondamentales, il ne manquerait pas de se faire "couper la tête" au sens démocratique du terme, comme d'autres en leur temps. 
Et certains lassés d'être exposés en permanence sur le devant de la scène, pourraient démissionner comme Benoît XVI en son temps.
De surcroît, nous ferions l'économie d'une campagne. En ces temps de disette budgétaire, c'est toujours bon à prendre. Pourquo inviter  si souvent le corps électoral à jouer  à la roulette russe sur le devenir des institutions et du pays?

 Le caractère saugrenu d'une telle proposition n'échappera à personne, mais après tout, le retour au septennat à usage unique a été préconisé sans succès par le représentant du parti socialiste. De sept à dix ans, ce n'est qu'une question de curseur. Le temps passe si vite!

 

Frédéric Buffin, le 2 mai 2017.

 

 

 

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Frédéric Buffin - dans Politique
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