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27 juin 2017 2 27 /06 /juin /2017 09:45

 

Après l’élection présidentielle : un grand chantier à conduire,  l’amélioration de la propreté des toilettes publiques.

Tout le monde retient aujourd’hui son souffle. Quel contenu, dans les prochaines ordonnances sur la réglementation du travail ? Quels textes devront être votés dans le cadre de la moralisation de la vie politique ? Quelles économies devront être faites après la prochaine publication de la Cour des comptes sur la situation financière (paraît-il aggravée) du pays laissée par le précédent Président de la République, qui fut pourtant un membre éminent  des sages de la rue Cambon ?

Bref, à quelle sauce douce amère le nouveau locataire du château va-t-il nous manger ?  C’est la grande question sur laquelle les grands médias discourent avec gourmandise.

Pourtant, à la veille des vacances, les pouvoirs publics devraient plus modestement s’attaquer à un dossier « lourd », celui de la propreté des toilettes publiques :

1)Les toilettes publiques un marqueur de niveau de vie du pays.

Il y a une vingtaine d'années, nous avions accueilli en famille pendant six mois, une jeune américaine qui venait tout droit de l'Oregon qui ne m’apparaissait pas comme l’Etat des E-U le plus à la pointe du modernisme. Elle était venue avec deux lourdes valises dont l'une entièrement chargée de produits d'hygiène: savons, shampoing, déodorant, papier hygiénique,  etc. Il y avait là un concentré étonnant de chasse microbes « made in USA. »

Comme j’avais indiqué à cette charmante yankee (qui ne l’était d’ailleurs pas tous les jours) que de tels produits étaient disponibles en France et même dans notre logis, elle m'avait répondu que dans les montagnes rocheuses où elle habitait, la France avait la réputation d'un pays sale où les sanitaires étaient mal entretenus.

Elle put heureusement constater que chez nous, il existait des toilettes plus confortables et plus propres  que la cabane au fond du jardin chère à Laurent Gerra, avec mieux que du papier journal pour s'essuyer le fondement en cas de gros besoin.

Cette jeune représentante de l'Amérique profonde avait une vision de la France archaïque, en décalage apparemment profond avec la réalité de notre hygiène publique et privée. Mais certaines de ses réflexions pendant son séjour  démontraient qu’elle classait en matière de propreté et d’hygiène notre pays dans  la catégorie des pays proches du tiers-monde

2) Sans aller jusqu’à une telle vision  excessive,  si  le niveau de vie des Français devait se mesurer à la propreté des toilettes publiques, la France serait placée à un niveau très moyen.

Chacun de nous, saisi par une envie pressante qui nous démontre ainsi que nous ne sommes pas de purs esprits, n'a pu  que constater la saleté parfois repoussante des toilettes des gares SNCF,  des aires d'autoroute, des centres commerciaux, et des installations sportives.

Il en est de même pour les sanisettes dont le fonctionnement laisse souvent à désirer notamment dans les rues de Paris. Et combien de fois n’ai-je pas entendu mes enfants se plaindre de la saleté des toilettes des écoles qu’ils fréquentaient au point de ne jamais y poser leurs fesses et d’arriver à la maison saisis d’une envie plus que pressante.

Les entreprises et collectivités publiques concernées  ont beau consacrer des sommes considérables au nettoyage, rien n'y fait. Les Français ne savent pas sortir des toilettes en les laissant propres, au contraire des Suisses et des Allemands. Ainsi l'accès à des toilettes  propres prend parfois l'allure d'une quête du Graal, quand le corps impose ses vues après une bonne digestion.

Bref, fréquenter les toilettes publiques demeure une aventure aléatoire quand d'aventure la nécessité biologique s'impose à notre humanité.

Personne ne s'étonne non plus que les millions de voyageurs qui empruntent chaque jour le métro ou le RER soient considérés comme des usagers  des transports publics, sans vessie ni colon, puisqu'il faut avoir des capacités de chercheur opiniâtre  pour trouver des toilettes dans beaucoup de gares ou les trains du réseau ferré d’Ile de France.

3
) Si donc qu'à Dieu ne plaise, j’avais été élu  Président de la République, je ferais de la propreté des toilettes publiques une grande cause nationale à régler dans les six premiers mois de mon quinquennat.

Il y a au moins trois raisons pour faire de l’amélioration des toilettes publiques un programme d’action prioritaire.

-  Il y va d'abord de l'identité de la France et de son prestige. Il faut en finir avec l'image du Français affublé d'un béret avec un sac en bandoulière contenant une baguette de pain, un litron de vin et un camembert odorant se rendant dans "des chiottes" d'un autre âge. Non à la France des toilettes qui puent!

Il y a quelques années lors d’une biennale de Venise, un artiste contemporain avait cru malin d’exposer trois toilettes publiques affublées chacune des couleurs du drapeau national. Si j’avais rencontré cet artiste, je lui aurais reproché non pas d’avoir utilisé  le bleu blanc rouge pour une cause qui n’est pas propre à représenter la grandeur d’âme de la nation française. J’aurais surtout critiqué le fait qu’il avait peint des toilettes qu’on ne trouvait déjà plus dans les rues dans les années soixante !

- Second point, faire de la propreté des toilettes publiques une priorité nationale, entrerait parfaitement dans le cadre d'une relance neo-keynésienne sans risque de creuser le déficit  du commerce extérieur. Mettre en place un programme de construction ou de rénovation de toilettes publiques favoriserait l'industrie du bâtiment. (Quand celui-ci va, tout va.)

Cette mesure relancerait l'activité économique sans risque comme l’augmentation des prestations sociales en 1981, de favoriser les sociétés étrangères puisque par essence, le financement de cette action prioritaire n'impliquerait à priori aucun mouvement d'importation particulier.

De plus, un vigoureux effort de recrutements d’hommes ou de femmes de ménage,  dans le cadre d’un « Etablissement public national de propreté des toilettes publiques, » serait de nature à relancer l’emploi de personnels à qualification réduite, ce qui dégonflerait de façon significative, la catégorie A des personnes sans emploi.

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Troisième point, la propreté des toilettes publiques  constitue un enjeu d’attraction des touristes.

Face au défi de la désindustrialisation, le pays dispose d'un atout maître pour assurer l'équilibre de sa balance du commerce extérieur: le tourisme. Des millions d'étrangers mettent chaque année  les pieds sur le territoire français. Il faut absolument  que leur souvenir dominant au cours de leur séjour en France, ne soit plus celui d'avoir été contraint de fréquenter  des lieux d'aisance publics rares, souvent  impraticables et  à l'odeur pestilentielle.

Il est anormal que les seuls lieux où la propreté des « saints lieux soit à peu près assurée soient les parcs d’attraction tels Disneyland paris et le parc Astérix, ce qui démontre que le tourisme de masse n’est pas nécessairement incompatible avec des toilettes propres.

Conclusion en forme d’envolée lyrique hygiéniste.

En son temps, le général de gaulle avait prononcé à Québec, un tonitruant : « vive le Quebec  libre ! » Je voterai pour le candidat président qui aura le courage de clamer haut et fort : « Vivent les toilettes de France propres. »

Frédéric Buffin qui vient de visiter l’intéressant  musée du Conservatoire des arts et métiers, mais qui saisi par la nécessité d’une vessie à la contenance insuffisante, a préféré rebrousser chemin devant la propreté toute relative du chalet des efforts mis à la disposition des visiteurs qui n’étaient pourtant pas bien nombreux ce jour-ci.

 

Fredericbuffin.fr le 27 juin 2017

 

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