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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 23:17

 

La fin de l'État d'urgence n'est pas pour demain.



Avec ce qui vient de se passer en Angleterre et à Londres, personne, pas  même le Président de la République  ne prendra la responsabilité de mettre fin à et état d'urgence qui aurait dû pour certains, être interrompu depuis longtemps.

Le jour du 14 juillet 2016, François Hollande avait indiqué qu'il souhaitait y mettre fin. Le soir même les 90 morts de la Croisette à Nice  par la faute d'un camionneur fou parce qu' islamiste haineux,   sonnèrent le glas de ses espérances.

Objectivement, il n'y a que Mélenchon et l'extrème gauche pour estimer qu'il faut metrre fin sans  délai à l'État 

Les interpellations du défenseur des droits bien dans son rôle de dénonciation des excès inévitables de cette situation d'exception, n'emeuvent que les personnes interpellées ou assignées à résidence et leurs défenseurs.

Les  condamnations d'Amnesty International qui estime que la France bafoue les droits de l'homme en limitant le droit de manifester dans la rue, ne suscitent que peu d'indignation. "Les mécontents n'ont qu'à écrire sur les réseaux sociaux plutôt que de crier leur ire dans la rue, c'est moins risqué," dira le vulgum pecus.

Les protestations du syndicat de la magistrature inquiet de voir se pérenniser l'absence de contrôle du juge civil sur l'action de la police, ne suscitent aucun écho réprobateur. "Qu'ils arrêtent de libérer les voyous des cités  arrêtés par les flics en flagrant délit plutôt que d'écrire sur leur mur des c.. " diront les grincheux.

Dans ces conditions, l'annonce faite par le nouvel  exécutif de prolonger l'État d'Urgence jusqu'en novembre lorsque l'assemblée nationale sera en état de voter la loi, ne semble susciter guère d'opposition.

C'est que   le décideur suprême qu'il soit gouvernemental ou parlementaire se retrouve face à cette question terrible: que dira l'opinion publique si le lendemain de sa levée un nouvel attentat se produit? 
BFM et France info clameront en boucle que l'État a été léger d'alléger ainsi son appareil répressif. Tous les médias crieront " haro sur le baudet" en blamant  les auteurs d'une telle décision  irénique.

Et "l'insoutenablé legéreté de l'être" pour le pouvoir, c'est la faute suprême. C'est pire que de rendre permanente la restriction des libertés publiques en laissant libre cours aux forces de police. Dans les circonstances où le pouvoir veut aller vite pour faire passer des réformes par ordonnance, il vaut mieux éviter de se prendre 20 points à la baisse dans les sondages  par un respect trop scrupuleux des règles démocratiques normales. " La présidence normale, c'est bien fini."

Pour un temps, le pouvoir craint plus d'être accusé de laxisme que d'atteinte aux libertés  démocratiques. Priorité donc  à la continuation du  démantèlement des réseaux islamistes qui produit et produira ses inévitables bavures. 


Jusqu'à quand? Ça c'est un mystère, mais il est à parier qu'au moindre nouveau drame terroriste proche de chez nous, l'État d'urgence  sera prolongé après novembre. A défaut des mesures d'exception temporaires seront perennisées. Toujours au nom de notre sécurité.

P S  Je conseille cette année aux organisateurs de l'épreuve de philosophie du baccalauréat de remplacer le classique  couple liberté- égalité par celui de liberté- sécurité. Pour une fois, la correction des copies ne serait pas ennuyeuse.

 

 

Frederic Buffin le 5 juin 2017.

 

 
 
 

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