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25 juillet 2017 2 25 /07 /juillet /2017 10:29

Tous les grands hommes subissent une nécessaire traversée du désert avant de faire partie des grands de l'Histoire. Ça fait partie de leur Curiculum vitae.

- La retraite de Jésus qui sut résister aux tentations de Satan, avant d'entamer sa marche d'abord triomphale puis dramatique jusqu'à son exposition sur la croix, en constitue l'exemple emblématique.

D'autres personnages célèbres ont connu des périodes de désamour sévère vis à vis de l'opinion publique avant de renaître de leurs cendres en faisant montre de leur grandeur:

- Churchill dans les années 30 fut écarté des instances du parti conservateur et ne redevint ministre et premier ministre qu'en 1940. En 1945, les Anglais considérèrent que celui qui les avait conduits à  la victoire, ne pouvait être celui qui leur ferait gagner la paix. Il lui fallut attendre 1951 pour redevenir le chef du gouvernement britannique jusqu'en 1955.

- De Gaulle qui avait démissionné en 1946 de son poste de président du gouvernement provisoire de la Republique française, fut aussi oublié de l'opinion publique, avant de revenir sur le devant de la scène lors de la crise algérienne en devenant président du conseil le 13 mai 1958. Président de la Republique de 1959 à 1969, après avoir subi la crise de 1968 et celle du référendum de 1969, il savait ce que l'adversité en politique voulait dire

Notre nouveau Président, n'a vécu rien de tel. Il n'a connu que des succès, celui d'un brillant parcours de haut fonctionnaire dans les premières années de sa carrière, celui d'un brillant banquier chez Rotschild, celui d'un fulminant conseiller de Francois Hollande à qui ses conseils n'auront malgré tout pas servi pour qu'il se représente devant les électeurs et celui d'un sémillant  ministre de l'économie plus libéral que socialiste, vite mis sous tutelle du ministre des finances et du premier ministre.

Or pour qu'il puisse se grandir aux yeux de l'opinion publique, il faut absolument qu'il entame son nécessaire chemin de croix avant de rebondir et de montrer au peuple qu'il est le seul à pouvoir redresser le pays comme Winston au Royaume uni et le grand Charles en France.

À vrai dire, le chemin notre futur grand homme a déjà commencé à emprunter le chemin semé d'épines et de tessons de bouteilles vers l'impopularité. En quelques semaines, il semble avoir fait assez fort:

- Les retraités qui gagnent plus de 1200 euros par mois s'inquiètent de la majoration de 25% de la CSG qui va leur être appliquée.

 - Les fonctionnaires s'estiment méprisés parce qu'il est prévu de leur appliquer de nouveau la suppression du jour de carence, comme s'ils étaient les seuls à s'absenter de leur travail pour un oui ou pour un non.

- Un bon nombre de maires crient déjà à la suppression des libertés locales, parce que la plus grande partie de la taxe d'habitation va être compensée par une dotation d'Etat forcément révisable dans le temps. Et en sus notre Président demande aux collectivités locales de faire des économies. Quelle horreur!

- Après la démission du chef d'état-major des armées coupable de s'être exprimé vertement devant une commission de l'Assemblée à huis clos en disant qu'il ne voulait pas se faire "b...par Bercy," les militaires ruminent leur amertume et n'en pensent pas moins devant le spectacle de certains matériels qui ont parfois quarante ans d'âge. Après le désastre du logiciel de paye qui aura retardé la solde des soldats pendant des mois, ça commence à faire beaucoup, même si en république, l'armée est tenue de demeurer "la grande muette de la fonction publique."

- Et voici que de surcroît, les syndicats étudiants ne vont avoir aucun mal à mobiliser les jeunes à la rentrée: la baisse de l'APL de cinq euros par mois est pourtant minime, mais elle est symbolique. Entre cette baisse et le système absurde de tirage au sort pour entrer dans l'enseignement supérieur, les 800 000 étudiants devraient pouvoir facilement obéir aux mots d'ordre de mobilisation dans la rue des le mois de septembre.

- les ordonnances sur la loi travail ne sont pas encore publiées, mais à l'appel de la France insoumise et de la CGT, il ne devrait pas être trop difficile de faire manifester des milliers de salariés sur le pavé des rues de Paris et des villes de Province. D'ores et déjà le Président de la république et le premier ministre on perdu près de 10 points dans les sondages.

Mais pour que nos deux grands dirigeants vivent une vraie traversée du désert qui les conduira durablement dans les marécages glauques de la grande solitude, les  mesures proposées ci- dessous, devraient efficacement y contribuer:

1) Sur le modèle simpliste de la baisse uniforme de cinq euros par mois de l'APL qui a le mérite d'être de la seule compétence du pouvoir réglementaire, il serait du plus grand intérêt de baisser du même montant,

- les seize millions de personnes qui perçoivent de près ou de loin une pension de retraite. Près d'un milliard d'euros d'économie, ça ne se refuse pas.

- les 4,1 millions de bénéficiaires de minimas sociaux (RSA, AAH, allocations chômage de fin de droits, ASpa, etc..) Près de 250 millions d'économies, c'est toujours bon à prendre. La présidence sera accusée de s'en prendre aux pauvres, ce sera du meilleur effet pour cultiver son impopularité.

2) Dans le même temps, il serait du meilleur effet de supprimer totalement l'impôt sur la fortune qui concerne un peu plus de 340000 contribuables pour un rendement de 5,2 milliards d'euros. Ce serait un bon signal pour faire revenir les riches au pays. Et les propagandistes de gauche seraient au mieux pour dénoncer les cadeaux aux riches aux dépens des pauvres,  de la part du chef de l'Etat.

3) Pour faire bonne mesure et achever une bonne dégringolade  dans les sondages, l'exécutif  devrait se lancer dans des réformes sociétales qui ont pour qualité de mettre du vinaigre sur les plaies mal fermées du pays.

- Le précédent locataire de l'Elysée n'a pas eu le temps où n'a pas osé procéder à la légalisation de l'euthanasie, sujet propre à déchaîner les discordes et les passions. Allons y sabre au clair! Au moment où la concorde nationale est plus que nécessaire pour avancer dans le concert des Nations, nul doute qu'un tel débat mettrait en jeu l'autorité du Président ...et sa popularité.

- Il'en serait de même avec la légalisation de la PMA et la GPA afin de donner satisfaction aux couples homosexuels désireux d'assumer leurs parentalité...aux frais de la Sécurité Sociale en déficit bien entendu comme pour n'importe quel couple hétérosexuel.

4) Dernière mesure pour achever une descente aux enfers digne de ce nom, le Président de la république devrait se déclarer favorable conformément aux voeux des associations humanitaires, à l'ouverture des frontières signifiant l'accueil sans limite des étrangers d'origine extra- européenne. Après tout, donner des autorisations de travail à des clandestins qui aujourd'hui sont contraints de travailler au noir sous le contrôle d'employeurs sans scrupule, ce ne serait pas si stupide. 

Mais dans cette matière, l'opinion publique est sourde  au réalisme et au bon sens. Elle n'est pas non plus prête à consentir aux efforts budgétaires publics substantiels que suppose l'accueil de l'étranger dans de bonnes conditions.

Cette mesure d'ouverture  dans une France marquée par le chômage de masse, c'est l'impopularité garantie et pour longtemps pour le chef de l'Etat si d'aventure, il venait à la prendre.

Conclusion: ce ne sont là que de désagréables persiflages, diront les macroniens. Pas si sûr.  Dans  la conjoncture actuelle, on ne peut être qu'impatient de prendre connaissance des arbitrages concrets qui seront contenus dans les ordonnances Travail, de la loi de Finances et de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018. Nous verrons à ce moment si l'exécutif est en mesure d'interrompre la dégringolade qui se produit aujourd'hui dans les sondages.

Frederic Buffin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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