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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 03:39

Dans l'indifférence générale, nos gouvernants viennent d'annoncer à l'occasion de la présentation de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2014 que le déficit 2013 serait limité à 16 milliards au lieu de 17,5 en 2012. Quel progrès! Pour l'année prochaine, il sera limité, oh miracle, à 13 milliards avec quelques prélèvements supplémentaires et quelques dépenses en moins. (Si, si, on vous le dit, les hôpitaux, les labos, les caisses seront mis à la diète.) Curieusement l'opinion publique n'embraye pas. On peut même dire qu'elle se moque des 137 milliards de dette sociale cumulée à fin 2012 comme d'une guigne. Pourquoi cette réaction si faible vis à vis du trou de la sécu qui n'apparaît plus que comme une accumulation abstraite de milliards d'euros?

deficit de la secu

- d'abord grâce à l'effet d'addiction du déficit. Mon voisin, me disait un jour que la première fois que son compte s'était trouvé à découvert, il n'en avait pas dormi de la nuit tant il craignait d'être interdit bancaire. Mais grâce à son banquier compréhensif, il s'est vite habitué à ses découverts de fin de mois, même financé au taux faramineux de 18%. Après tout, nous payons bien une contribution de 0,5% sur nos revenus pour le remboursement de la dette sociale, il faut bien que ça serve, même si chacun sait qu'au rythme actuel de remboursement de la dette sociale (12milliards en 2012) celle-ci pèsera lourdement sur ses enfants.

interdit-bancaire-belgique-france

- Ensuite, il faut bien dire que la Sécurité Sociale, c'est un peu la vache à lait magique. Contre vents et marées, crise après crise, elle continue de payer ses prestations et ses remboursements à bonne date et le plus vite possible. Mon voisin, encore lui, m'a avoué qu'il n'avait pas son pareil pour faire attendre ses créanciers, même au prix de quelques mises en demeure, avant procès. La sécu est endettée, mais elle continue à rembourser ses remboursements de soins en moins d'une semaine, à payer ses fournisseurs dans des délais record, à payer les retraites, les rentes et les allocs chaque mois dans les délais. Bref, il n'y a pas de trou, ni de problème de déficit puisque la sécu honore fidèlement ses engagements à bonne date. L'assuré est comme anesthésié par un comportement aussi vertueux.

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- Enfin, l'euro, coupable idéal pour certains, à modifié la perception des déficits par l'opinion publique. Mon voisin une nouvelle fois, me disait hier la voix tremblante de colère que les boulangers avaient profité de la monnaie unique pour augmenter fortement le prix de la baguette sans que les consommateurs ne s'en rendent compte.: "un euro ce n'est rien, mais c'est tout de même plus de 6,5 francs, Avant 2001, je payais ma baguette autour de 3 francs. Et le client n'y a vu que du feu. D'ailleurs, si des boulangeries s'ouvrent partout, ce n'est pas un hasard." Et bien pour le déficit de la sécu, la perception monétaire est la même. L'opinion publique supporte un déficit de 15 milliards d'euros qu'elle n'aurait pas admis si on lui avait présenté une addition de 100 milliards de francs.

euro

- Il y a une dernière raison qui explique le peu de réaction de nos concitoyens devant l'énormité du trou de la sécu. Le veau d'or, pardon la vache d'or, est intouchable depuis le conflit de 1995 à propos du plan Juppé et les manifestations de 2010 à propos de la réforme des retraites. Car mon voisin me l'a dit: "pas touche à ma sécu, sinon je descend dans la rue." Dans des conditions, nos gouvernants en démocratie à la veille d'échéances électorales importantes, font tout pour que "la grande conquête sociale issue de la Libération"ne soit pas menacée par une réforme qui aurait l'imprudence de mettre fin aux déficits sociaux en faisant de mon voisin un manifestant.

manifestation

Finalement le trou de la sécu c'est sa faute, c'est la nôtre autant qu'à nos gouvernants comme autrefois c'était la faute à Voltaire ainsi qu'à Rousseau, disait Gavroche, sauf que dans quelques années, ce sont nos enfants qui se révolteront devanr les charges que leurs parents leur auront imposées.

Gavroche

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