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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 17:17
La métaphysique au secours du Président de la République.

La métaphysique au secours du Président de la République.

Lors de sa dernière conférence de presse du 7 septembre, le président de la République au lieu de multiplier ses habituels raisonnements quantitatifs qui manquent souvent de hauteur, s'est exprimé en des termes presque spiritualistes pour évoquer la crise des migrants. "Ils nous revient, il me revient de faire des choix qui compteront pour le jugement de l'Histoire."

Cette notion de procès introduite par un quasi personnage en forme de "Geschichte"ou d'"Hisory" internationalisation du conflit oblige, s'impose pour justifier le triplement des réfugiés dans les deux ans qui viennent, même si l'effort paraît bien modeste par rapport à celui des Allemands.

Pour mémoire, le Premier Ministre critiquait le principe au mois de mai en considérant les quotas comme une faute éthique et morale, mais peut-être n'avait il pas encore demandé au président de la République si "l'Histoire" était d'accord avec son propos en forme d'impératif catégorique.

Celle-ci comme sa soeur la mort la grande faucheuse, risque ainsi de s'abattre impitoyablement sur les pays ou sur chacun d'entre nous qui ne souscriraient pas à l'obligation de venir en aide à tous ceux qui fuient la guerre qui sévit dans leur pays.

C'est pire que le jugement dernier pour celui qui ne croit point au ciel. Mais pour l'homme de pouvoir dans un environnement troublé , il faut bien s'accrocher à une idée forte et transcendante pour guider son action.

Ce propos liminaire du Président de la République fait même penser au fameux vers de Victor Hugo qu'on trouve dans la Légende des siècles pour évoquer la scène biblique du meurtre d'Abel par son frère: 'L'œil était dans la tombe et regardait Caïn." On peut comprendre que notre premier dirigeant refuse d'être plus longtemps le complice et l'acteur passif des horreurs qui se déroulent au Moyen-Orient, même si pour la majorité de nos concitoyens ces terres sont très lointaines. Vivre le cauchemar de Caïn, ça doit être inconfortable.

Rien de tel par ailleurs qu'une vision métaphysique sombre aunom de "l'Histoire" dont l'Education nationale s'acharne pourtant à réduire le nombre d'heures d'enseignement, pour justifier une politique d'accueil des migrants ainsi que la mise en œuvre de moyens militaires supplémentaires pour tenter de régler une crise qui n'en finit pas, face à une opinion publique rétive.

Et pendant ce temps là, semaine après semaine, les sondages prédisent peut-être à tort à l'occasion des prochaines élections présidentielles, l'éjection de l'actuel locataire de l'Elysée dans les poubelles de l'Histoire du même nom!

Mais ceci est une autre ...Histoire qui n'est pas encore dite, même si depuis la chute du mur de Berlin etl'effondrement du Communisme, l'historien Fukuyama à annoncé la fin de ce juge impitoyable que semble craindre le chef de l'Etat.

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Frédéric Buffin - dans Histoire
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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 13:17
Plus personne ne se souvient ni de la défaite de Sedan ni du 4 septembre 1870.

Plus personne ne se souvient ni de la défaite de Sedan ni du 4 septembre 1870.

Plus personne n'en parle aujourd'hui mais le 4 septembre 1870 l'empereur Napoléon III abdiquait pour cause d'invasion des troupes prussiennes aux portes de Paris. C'était il y a 145ans.

En prime, la France perdait l'Alsace et la Lorraine qu'elle ne cessa de revendiquer jusqu'en 1918 au prix du sang de centaines de milliers de poilus.

En gage, elle dut payer 5 milliards de francs or au nouveau Reich allemand que Bismarck avais su instaurer "igni et ferro." L'épargne française fit merveille pour solder cette dette mieux que les fusils Chassepots pour empêcher les troupes prussiennes d'envahir le nord-est de La France."

En force, la France des campagnes, des possédants et des Versaillais, mît fin en 1871 au prix d'une répression féroce, à l'aventure communarde des "partageux" retranchés dans Paris.

En sus, après la République provisoire dirigée par Thiers qui négocia la fin de la guerre avec Berlin en 1871, la République française fut définitivement consacrée au Parlement, par la grâce de l'amendement wallon en 1875.

Il ne reste plus rien de cette époque me dira-t-on et il ne sert à rien de commémorer cet événement en forme de défaite cinglante pour le pays. Voire...

1) Il y a peu de rétrospective sur le Second Empire et Napoléon III intéresse moins les historiens que son illustre prédécesseur. Ce fut pourtant une époque de forte croissance basée notamment sur le développement du chemin de fer et des industries lourdes. C'est la période des grands chantiers menés par le baron Haussmann qui a fait de Paris la capitale glorieuse qu'elle est encore aujourd'hui malgré sa saleté d'aujourd'hui parfois repoussante. C'est le grand moment de rénovation des monuments historiques sous la houlette de Prosper Mérimée et de Viollet-le-Duc. C'est enfin la période où le savoir faire français est valorisé à l'étranger par la construction du canal de Suez sous l'autorité de Ferdinand de Lesseps. Le goût pour les aventures militaire périlleuse au Mexique, en Crimée puis contre la Prusse a fait passer au second plan toutes ces réussites.

2) Sous le Second Empire, la question sociale, liée à la croissance de la population ouvrière engendrée par la révolution industrielle, devient une préoccupation dominante. Tout le monde a oublié que l'auteur de l'extinction du paupérisme en 1844, devenu empereur en 1851, sut faire disparaître en 1864 grâce à son ministre Ollivier , l'interdiction du droit de coalition instaurée par la loi Le Chapelier en 1791. Mais de cette période, les commentateurs ne veulent retenir que l'épisode tragique de la Commune de 1871 et de son épopée populaire brisée "par les forces impitoyables de la réaction." Le Mal triomphant du Bien à coup de fusil sur fond de barricades, n'a pas fini de nourrir notre imaginaire collectif.

3) A l'occasion de ces instants funestes de défaite militaire, l'idée de République s'est imposée définitivement définitivement sous forme de démocratie parlementaire en rangeant définitivement la monarchie et l'empire dans les poubelles de l'Histoire. Elle ne l'a d'ailleurs pas fait de façon triomphante puisque la III ème République ne s'impose qu'à une voix de majorité en 1875, tout comme la condamnation du roi Louis XVI réduit à l'Etat de Louis Capet en 1793. Comme quoi, il n'est pas besoin de majorité imposante pour prendre des décisions historiques.

Il n'empêche, l'abdication de Napoléon III, le 4 septembre 1870, aura ouvert une voie définitive vers le Régime qui organise notre vie politique, même si les institutions de la Vème République sont très éloignées de la III ème. Il est d'ailleurs étonnant d'entendre dans la bouche de nos politique prononcer le terme de République à tout bout de champ, comme si elle était menacée dans son essence "par les forces du mal toujours en action."

Comme quoi il y a des anniversaires méconnus qu'il conviendrait de célébrer.

Frédéric Buffin le 4 septembre 1870

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Frédéric Buffin - dans Histoire
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